Nithardi
Historiarum librorum IV exordium
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Portrait de
Charlemagne
par Nithard
Né vers 800, Nithard (Nithardus) avait
pour mère Berthe, l'une des filles de Charlemagne, et pour père le poète
Angilbert, qui fut longtemps l'un des conseillers de l’empereur, et mourut abbé
de Saint-Riquier, le 18 février 814, vingt jours après son roi.
Ainsi Nithard succéda tout jeune à
la charge militaire de son père et défendit, contre les Normands, les côtes de
la Gaule entre la Seine et l'Escaut.
Nithard fut toujours fidèle Charles
le Chauve et combattit pour lui en diverses rencontres, entre autres à la
bataille de Fontenay et fit, à plusieurs, reprises, de vains efforts pour
rétablir la paix entre Charles, Louis le Germanique et Lothaire.
Il a assisté à la prestation des
Serments de Strasbourg en 842.
Il entreprit son Histoire à la
demande de Charles le Chauve. Les trois premiers livres furent écrits en 842,
et le quatrième en 843 ; ce dernier livre s'arrête au commencement de
cette même année, mais il est clair que la fin manque, et rien n'indique
jusqu'à quelle époque l'avait conduit l'historien , ni quelle était l'étendue de
ce que nous avons perdu.
Nithard fut tué vers 858 ou 859, en
repoussant une invasion des Normands sur les côtes de Picardie. Au milieu du
onzième siècle, Gerwin, abbé de Saint-Riquier, fit faire des fouilles sous le
portique de l'église de cette abbaye, dans l'espoir de découvrir le corps
d'Angilbert. Ses recherches furent infructueuses, mais il retrouva le corps de
Nithard qu'on reconnut, dit le chroniqueur Hariulf, à la blessure qu'il avait
reçue à la tête dans le combat où il fut tué par les Normands.
Grâce à Nithard, nous avons
connaissons les textes des Serments de Strasbourg, premiers textes conservés en
langue française (romane) et allemande.
Avi quoque insuper vestri venerandam
memoriam per omnia obmittere ratum minime videtur ; ac per hoc textus hinc
sumat exordium.
En outre, il ne me semble pas du tout
pensable de laisser totalement de côté également le devoir de mémoire de votre
aïeul. C’est donc par là que doit commencer mon texte.
Karolus bonae memoriae et merito
Magnus imperator ab universis nationibus vocatus, [hora videlicet plus minus
diei tertia] in senectute bona decedens omnem Europam omni bonitate repletam
reliquit, vir quippe omni sapientia et omni virtute humanum genus suo in
tempore adeo praecellens, ut omnibus orbem inhabitantibus terribilis, amabilis
pariterque et admirabilis videretur, ac per hoc omne imperium omnibus modis, ut
cunctis manifeste claruit, honestum et utile effecit. Nam super omne, quod
admirabile fateor fore, Francorum barbarorumque ferocia ac ferrea corda, quae
nec Romana potentia domare valuit, hic solus moderato terrore ita repressit, ut
nihil in imperio moliri, praeter quod publicae utilitati congruebat, manifeste
auderent. Regnavit feliciter per annos duos et XXX imperiique gubernacula
nihilominus cum omni felicitate per annos quattuordecim possedit.
Charles, de bonne mémoire et à juste
titre appelé le Grand empereur par l’ensemble du monde, mort dans une
vieillesse heureuse laissa l’Europe entière emplie de bonheur. C’était un homme
qui surpassait de toute sa sagesse et toute sa personnalité le genre humain de
son époque, au point de paraître aux habitants du monde entier terrible autant
qu’aimable et admirable, et à travers tout son empire, par tous les moyens, ce
qui est clair et lumineux aux yeux de tous, il accomplit une œuvre utile dans
sa noblesse. En effet, au-delà de tout ce qui, je l’avoue, sera admirable, lui
seul réussit par une terreur contrôlée à calmer si bien les cœurs farouches,
les cœurs de fer des Francs et des Barbares qu’ils n’osèrent rien entreprendre
au grand jour dans son empire que ce qui s’accordait avec le bien commun. Il
régna avec bonheur pendant trente-deux ans et posséda en outre la direction de
l’empire avec un total bonheur pendant quatorze ans.
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Capitulaires |
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de |
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Charlemagne |
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Nithard, I, 2 |
Portrait de Charlemagne |
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Nithard, III, 5 |