Noctes Gallicanae
Lyriques grecs
Artistes célèbres
Parrhasios
ParrasÛou toè EfesÛou toè zvgrfou
Aequales eius [Zeuxidis] et aemuli fuere Timanthes, Androcydes,
Eupompus, Parrhasius.
Il [Zeuxis]
eut pour contemporains et rivaux Timanthes, Androcydes, Eupompe et Parrhasius.
Descendisse hic in certamen cum Zeuxide traditur et, cum ille
detulisset uvas pictas tanto successu, ut in scaenam aves advolarent, ipse
detulisse linteum pictum ita veritate repraesentata, ut Zeuxis alitum iudicio
tumens flagitaret tandem remoto linteo ostendi picturam atque intellecto errore
concederet palmam ingenuo pudore, quoniam ipse volucres fefellisset, Parrhasius
autem se artificem.
Selon la tradition, ce dernier
est entré en compétition avec Zeuxis. Ce dernier avait exposé une peinture
représentant des raisins si réussis qu’elle attira des oiseaux sur la scène du
théâtre où elle était exposée. Parrhasius alors exposa une peinture
représentant un rideau de scène si réaliste que Zeuxis, empli d’orgueil par le
jugement de la gent ailée, demanda à Parrhasius de se décider à écarter ce
rideau et de lui montrer son tableau. Lorsqu’il eût compris sa méprise, il
abandonna le prix à son rival avec une modestie sincère, disant que si lui-même
avait pu tromper des oiseaux, Parrhasius l’avait trompé lui qui était un
artiste. Pline, XXXV, 65
Parrhasius Ephesi natus et ipse multa contulit. primus
symmetrian picturae dedit, primus argutias voltus, elegantiam capilli,
venustatem oris, confessione artificum in liniis extremis palmam adeptus. haec
est picturae summa suptilitas. corpora enim pingere et media rerum est quidem
magni operis, sed in quo multi gloriam tulerint; extrema corporum facere et
desinentis picturae modum includere rarum in successu artis invenitur.
Parrhasius est né à Éphèse et
son apport à la peinture n’est pas négligeable. Il fut le premier à se soucier
des proportions dans le dessin, le premier à se soucier de l’expression du
visage, de l’élégance de la coiffure, du charme du visage ; les artistes
s’accordent pour admettre qu’il reçut le prix pour le dessin des décors.
Fecundus artifex, sed quo nemo insolentius usus sit gloria
artis, namque et cognomina usurpavit habrodiaetum se appellando
Artiste fécond, mais aucun n’a profité de façon plus insolente
de sa gloire d’artiste : il a fait usage de divers surnoms, se nommant
« ami du luxe ». Pline, XXXV, 67-71
Comme
d’habitude, Pline ne cite pas les épigrammes auxquelles il fait allusion.
Athénée
nous a conservé ces vers. Il précise que Parrhasius portait un manteau de
pourpre et une couronne d’or et qu’il avait l’habitude d’écrire sous ses œuvres
le vers suivant où il rendait hommage du bout des lèvres au culte de la vertu
(nous dirions peut-être de la citoyenneté ?) :
AbrodÛaitow n¯r ret®n te s¡bvn td' ¦gracen
Ami du luxe, l’homme qui a peint cette œuvre n’en respecte pas
moins la vertu.
Ce
qu’un inconnu indigné rectifia un jour en
=abdodÛaitow n®r
Ami du trait. . .
Athénée, 12, 543c.
Pline
poursuit :
aliisque versibus principem artis et
eam ab se consummatam, super omnia Apollinis se radice ortum
dans d’autres vers il se présente comme
le prince des artistes et affirme qu’il a atteint la perfection dans son art,
disant par dessus tout qu’il était issu de la lignée d’Apollon.
Athénée
affirme que Parrhasius a inscrit cette épigramme en bas de plusieurs de ses
tableaux :
AbrodÛaitow n¯r ret®n te s¡bvn td' ¦graca
Parrsiow klein°w
patrÛdow ¤j Ef¡sou
oéd¢ patròw layñmhn Eé®norow ÷ =a m' ¦fuse
gn®sion Ell®nvn prÇta
f¡ronta t¡xnhw
Ami du luxe, l’homme qui a peint cette œuvre n’en respecte pas
moins la vertu.
C’est moi, Parrhasius, issu d’une célèbre patrie :
Éphèse ;
Ne taisons pas qu’Événor fut mon père, qu’il ne fit pas de moi
Que son fils légitime, mais aussi le dépositaire chez les Grecs
des sommets de son art.
Athénée, 12, 543c.
En toætoisi kaÜ pista l¡gv tde: fhmÜ gr ³dh
t¡xnhw eêr°syai t¡rmata t°sde
saf°
xeiròw êf' ²met¡rhw: nup¡rblhtow d¢ p¡phgen
oðrow. mÅmhton d'oéd¢n
¦gento brotoÝw
Dans ces vers, pour incroyable que ce soit, j’affirme
ceci : je dis que désormais
Ont été atteints sans discussion possible les termes de cet art
Par cette main qui est la mienne. La borne a été fixée que nul
ne peut
Dépasser. Rien pourtant chez les mortels n’est à l’abri de la
critique.
et Herculem, qui est Lindi, talem a se pictum, qualem sese in
quiete vidisset,
et il dit avait peint l’Hercule qui se
trouve à Lindos tel qu’il l’avait vu lui-même dans son sommeil.
oåow d' ¤nnæxiow fantzeto pollki foitÇn
ParrasÛÄ di' ìpnou toÝow ÷d'
¤stÜn õrn.
Tel que de nuit il est apparu en de fréquentes visites
À Parrhasius dans son sommeil, tel il vous est possible de le
regarder.
Athénée, 12, 543c.