Noctes Gallicanae

Lyriques grecs

Épigrammes funéraires d’inconnus


Le numéro qui suit la traduction est celui de l’épigramme dans le livre VII de l’Anthologie Palatine.


 

'Epitæmbia ¤pigr‹mmata

 

 

„EkataÛou YasÛou eÞw Poluj¡nhn gunaÝka

'Arx¡leÅ me d‹marta PolujeÛnhn Yeod¡ktou

paÝda kaÜ aÞnopayoèw ¦nnepe Dhmar¡thw

÷sson ¤p' ÈdÝsin kaÜ mht¡ra paÝda d¢ daÛmvn

¦fyasen oéd' aétÇn eàkosin ±elÛvn

ôktvkaidek¡tiw d' aét¯ y‹non rti tekoèsa

rti d¢ kaÜ næmfh p‹nt' ôligoxrñniow

d’Hécatée de Thasios pour une femme nommée Polyxène

Dis que je suis l'épouse d'Archélaos, Polyxène, l'enfant de Théodecte,

et de l'infortunée Démarété.

Et dans la mesure où j'ai souffert pour accoucher, dis que je suis mère. Mon enfant, une divinité

l'a enlevé alors qu'il ne comptait pas vingt soleils.

Moi-même je suis morte à dix-huit ans, je venais d'accoucher,

je venais de me marier, ayant vécu toute chose bien trop peu. 167

Pl‹tvnow eÞw nauhgñn

nauhgoè t‹fow eÞmÛ õ d' ŽntÛon ¤stÜ gevrgoè

Éw lÜ kaÜ gaÛú junòw ìpest' ƒAýdhw

de Platon pour un naufragé

D'un naufragé je suis la tombe, celle d'en face est la tombe d'un paysan.

Tant il est vrai que sur mer et sur terre Hadès nous guette pareillement. 265

„`HghsÛppou eÞw nauhgòn ùn lieÝw ¦yacan

¤j lñw ²mÛbrvton Žnhn¡gkanto saghneÝw

ndra polæklauton nautilÛhw skæbalon

k¡rdea d' oék ¤dÛvjan “ m¯ y¡miw ŽllŒ sçn aétoÝw

Þxyæsi t»d' ôlÛgú y°kan êpò cam‹yÄ

Î xyÆn tòn nauhgòn ¦xeiw ÷lon ŽntÜ d¢ loip°w

sarkñw toçw sarkÇn geusam¡nouw ¤p¡xeiw

d’Hégésippe pour un naufragé que des pêcheurs ont enterré

De la mer, à demi-dévoré, les filets ont ramené

un homme, bien triste épave d'un navire.

Mais on n'a pas cherché gagner de l'argent avec ce que la justice divine ne permet pas, alors avec les poissons pris dans le même filet

on l'a enseveli sous ce modeste tumulus.

Terre, tu contiens ce naufragé tout entier puisqu'à la place des chairs

qui lui manquent, tu renfermes ceux avaient goûté à ces chairs. 276

DamaskÛou filosñfou eÞw ZvsÛmhn tinŒ doælhn

ZvsÛmh ² prÜn ¤oèsa mñnÄ tÒ sÅmati doælh

kaÜ tÒ sÅmati nèn eðren ¤leuyerÛhn.

de Damascios le philosophe pour une esclave nommée Zosimè

Zosimè, qui autrefois n’était esclave que par son corps

A trouvé aujourd’hui pour son corps la liberté. 553

 

Cette épigramme a été retrouvée sur une pierre tombale de Homs (Syrie) datée de 537 ap. J.-C., c’est-à-dire contemporaine de Damascios :

 

. . . SIMH H PRIN E

OUSA MONVI TVI SV

MATI DOULH KAI TVI

SVMATI NUN HURON ELEUYERIHN

Filit SamÛou eÞw mikr®n tina yugat¡ra Yeodñtou

st‹la baræyousa l¡gei t‹de : - tŒn minævron

tŒn mikkŒn 'Aýdaw ‘rpase Yeiodñtan.

x mikkŒ t‹de patrÜ l¡gei p‹lin : - àsxeo læpaw

Yeiñdote : ynatoÜ poll‹ki dustux¡ew.

De Philitas de Samos pour la fillette de Théodotos

Voici ce que tristement dit la stèle : « elle a peu vécu

La petite Théodota qu’Hadès a enlevée » ;

Et voilà ce que la petite répond à son père : « Cesse de t’affliger,

Théodotos, les mortels sont souvent malheureux ». 481

KarfullÛdou eàw tina ¤n eédaimonÛ& poll» teleut®santa

m¯ m¡mcú pariÆn tŒ mn®mat‹ mou parodÝta :

oéd¢n ¦xv yr®nvn jion oéd¢ yanÅn.

t¡knvn t¡kna l¡loipa : mi°w Žp¡lausa gunaikòw

sugg®rou : trissoÝw paisÜn ¦dvka g‹mouw

¤j Ïn poll‹ki paÝdaw ¤moÝw ¤nekoÛmisa kñlpoiw

oédenòw oÞmÅjaw oé nñson oé y‹naton :

oá me kataspeÛsantew Žp®mona tòn glukçn ìpnon

koimsyai xÅrhn p¡mcan ¤p' eéseb¡vn.

De Carphyllidès pour un homme qui a fini sa vie dans un grand bonheur

En passant, ne dis pas de mal de mon tombeau, voyageur :

Rien de ce qui me concerne ne vaut d’être pleuré, pas même ma mort,

J’ai laissé les enfants de mes enfants, j’ai joui d’une seule femme

Qui a vieilli avec moi. A mes trois garçons j’ai donné des femmes,

Dont j’ai souvent bercé les enfants dans mes bras,

Aucun ne m’a causé de chagrin par la maladie ou la mort,

Tous en versant des libations m’ont conduit au pays sans souci

des bienheureux pour dormir un doux sommeil. 260

YeokrÛtou eÞw ¤rast®n

Toèton ¦rvw ¦kteinen õdoipñre m¯ parodeæsúw

ŽllŒ stŒw tñde l¡jon Žphn¡a eäxen ¥taÝron

de Théocrite pour un amoureux

Voici quelqu'un que l'amour a tué: voyageur, ne continue pas ta route,

mais arrête-toi et lis à voix haute: "il avait un amant cruel!"

Théocrite, Idylle XXIII, vers 47 et 48.

Paælou SilentiarÛou eÞw ŽnÅnumon t‹fon

- oënoma moi. . . - tÛ d¢ toèto ; - patrÜw d¡ moi. . . - ¤w tÛ d¢ toèto ;

- kleinoè d' eÞmÜ g¡nouw. - eÞ gŒr Žfaurot‹tou ;

- z®naw d' ¤ndñjvw ¦lipon bÛon. - eÞ gŒr Ždñjvw ;

- keÝmai d' ¤ny‹de nèn. - tÛw tÛni taèta l¡geiw ;

de Paul le Silentiaire pour un tombeau anonyme

- Mon nom… - Pourquoi le dire ? – et ma patrie… - A quoi bon le dire ?

- Je sui d’une famille illustre. – Et si tu venais d’une famille inconnue ?

- J’ai quitté une vie pleine de succès. – Et si elle avait été pleine d’échecs ?

- Maintenant je repose ici. – Qui es-tu et à qui dis-tu tout cela ? 307

 

 


 

Epitaphes latines