Noctes Gallicanae
Lyriques
grecs
Épigrammes satiriques
Le mot grec skÇmma
désigne à la fois la
"plaisanterie" et la "moquerie", la "vacherie"
dans la mesure où elle fait rire les autres. La traduction par
"satirique" n'a pour seul mérite que d'être traditionnelle. Le livre
XI de l'Anthologie rassemble les
épigrammes que l'on racontait tout en buvant (sumpotik) et les épigrammes « satiriques » à
proprement parler, celles dont en latin Martial s'est fait une spécialité et
qui consistent à se payer, en lui donnant un nom conventionnel, la tête de
quelqu'un que tout un chacun reconnaît inévitablement (voir « La
besace » de La Fontaine !). A tort ou à raison, j'ai essayé de
séparer les deux catégories.
Les auteurs nous
sont mal connus. On les imagine mettant en vers les histoires drôles qui
couraient çà et là, à moins que les histoires drôles à l'époque ne se soient
racontées déjà versifiées.
Lucilius et
Nicarchos (Nicarque) ont dû vivre à l'époque de Néron, c'est-à-dire une
génération avant Martial qui les avait certainement lus.
Cette page est
consacrée aux rosseries.
Skvptik ¤pigrmmata
ApollvnÛou toè RodÛou grammatikoè
Apollonios de Rhodes, le professeur
KallÛmaxow: tò kyarma: tò paÛgnion: õ
jælinow
noèw. aàtiow õ grcaw Aàtia Kallimxou
Callimaque : poubelle, jouet, tête
de bois. Cause : l’auteur des Causes de Callimaque.
Anth. XI, 275.
On sait que Callimaque, directeur de la
bibliothèque d’Alexandrie vers ~250, s’était fâché avec son disciple Apollonios
de Rhodes.

'Amminou
Ammianos
Eàh soi kat g°w koæfh kñniw oÞktre N¡arxe,
öfra se =hódÛvw ¤jeræsvsi
kænew
Que pour toi quand tu seras sous la terre la poussière te soit
légère, détestable Néarque !
afin plus facilement te déterrent les chiens.
Anth. XI, 226.

Ytton poi®sei m¡li knyarow µ gla
kÅnvc
µ sæ ti poi®seiw skorpÛow Ên gayñn
oëte gr aétòw ¥kontÜ poieÝw oët'
llon fÛhw
Éw st¯r
Kronikòw psin pexyñmenow
On verra plus vite un cafard faire du miel ou un moustique du
lait
que toi, espèce de scorpion, faire quelque chose de bien.
Tu ne fais pas de bien toi-même volontairement, tu ne laisses
pas un autre en faire,
comme l'étoile de Cronos de tous tu es haï.

Mastaærvn felÆn dæo grmmata Mrke
t prÇta
jiow eä pollÇn tÇn êpoleipom¡nvn
De Mastaures, [ta ville natale?], enlève deux lettres, Marcus,
les deux premières,
tu es digne de toutes celles qui restent.
Anth. XI, 230.
[stauros (staurñw) signifie la croix, le pal]

LoukilÛou
Lucilius
Oé mñnon aét¯ pneÝ DhmostratÛw ll
d¯ aét°w
toçw ôsmhsam¡nouw pneÝn pepoÛhke trgou
Non seulement l'haleine de Démocratis elle-même mais l'haleine
de ceux qui ont senti son haleine, toutes sentent le bouc.
Anth. XI, 240.

An toè grammatikoè mnhsyÇ mñnon `Hliodèrou
eéyç soloikÛzon tò
stñma mou d¡detai
Il me suffit de repenser à Héliodore, mon maître d'école,
pour qu'aussitôt ma langue se paralyse en faisant des fautes de
grammaire.

Grammatikòn ZhnvnÜw ¦xei pÅgvna M¡nandron
tòn d' ußòn toætÄ
fhsÜ sunestak¡nai
tw næktaw d' aét» meletÇn oé paæetai
oðtow
ptÅseiw sund¡smouw
sx®mata suzugÛaw
Zénonis emploie Ménandre le barbu comme maître d'école,
et dit qu'elle lui a confié son fils.
Mais toutes les nuits, sans arrêt, il pratique avec elle
la morphologie, les conjonctions, les figures, les formes
verbales.

Eàkosi genn®saw õ zvgrfow Eëtuxow ußoæw
oéd' pò tÇn
t¡knvn oéd¢n ÷moion ¦xei
Eutychos le peintre a engendré vingt fils,
mais même ses gosses il n'a pas réussi à les faire ressemblants.
Anth. XI, 215.

tòn dasçn Ermog¡nhn zhteÝ pñyen
rjey' õ koureçw
keÛrein t¯n kefal®n
öny' ÷lon Éw kefal®n
Hermogène le poilu, le coiffeur se demande bien par où il faut
commencer
à lui raser la tête, il a l'air d'une tête partout.
Anth. XI, 190.

Nikrxou
Nicarque
Tñ stñma xÈ prvktòw taétòn Yeñdvre soè özei
Ëste diagnÇsai toÝw fusikoÝw kalòn ·n
· grcai se ¦dei poÝon stñma poÝon õ
prvktñw
nèn d¢ laloèntñw sou bdeÝn s' ¤nñmizon ¤gÅ
La bouche et le cul, Théodore, chez toi ça sent la même chose
si bien que ce serait un joli travail pour les médecins de les
distinguer.
Est-ce que tu ne devrais pas indiquer par écrit lequel est ta
bouche, lequel est ton cul,
parce que quand tu le me l'as dit, j'ai cru que tu pétais.
Anth. XI, 241.

Oé dænamai gnÇnai pñteron xaÛnei Diñdvrow
µ bd°s' ©n gr ¦xei pneèma ktv kaÜ nv
Je suis incapable de savoir si Diodore bâille
ou s'il a pété: il a la même haleine par le haut et par le bas.
Anth. XI, 242.

Eà me fileÝw miseÝw me kaÜ eÞ miseÝw sç
fileÝw me
eÞ d¡ me m¯ miseÝw fÛltate m® me fileÝw
Si tu m'aimes tu me détestes, et si tu me détestes tu m'aimes,
mais si tu ne me détestes pas, mon aimé, tu ne m'aimes pas.
Anth. XI, 252.

Toè liyÛnou Diñw ¤xy¢w õ klinikòw ´cato Mrkow
kaÜ lÛyow Ìn kaÜ
Zeæw s®meron ¤kf¡retai
Hier le médecin Marcus a palpé un Zeus de pierre,
et bien qu'il soit en pierre, et bien qu'il soit Zeus, on
l'enterre aujourd'hui.

Bouleæeiw AgayÝne tò b°ta d¢ toét' ¤prÛv
nèn
eÞp¡, pñshw tim°w;
d¡lta gr ·n prñteron
Tu es sénateur, Agathinos, mais ce bêta que tu viens d'acheter,
dis-moi, combien l'as-tu payé? car avant tu avais un delta!
Anth. XI, 337.
Bouleæv, « être
sénateur », Douleæv, « être
esclave »
|
page à compléter Dernière
mise à jour: 07/12/02 |