Le Périple
d’ Hannon
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HANNON
Après la défaite d’Himère en ~ 480 et la mort du roi
magonide Amilcar, son fils Hannon monta sur le trône. On constate alors un
changement complet d’orientation dans la politique de Carthage. En Sicile et en
Sardaigne, elle se borne à conserver les positions tenues, sans plus. Mais en
Afrique, Hannon annexe un territoire qui assure l’autonomie agricole de la cité
et contraint les Numides à renoncer au tribut qui leur était versé depuis la
fondation de Carthage.
Ensuite Hannon lance une grande expédition, au-delà des
colonnes d’Hercule le long des côtes africaines, pour monopoliser au profit de
Carthage les ressources fabuleuses détenues jadis par Tyr dans l’extrême
Occident. On peut situer l’expédition après l’abandon de Mogador par les
Gaditains et avant le développement de Lixus vers le milieu du Ve siècle.
La relation du périple a été conservée dans un petit traité
en grec qui se présente comme la traduction d’une inscription consacrée par
Hannon dans le temple de Kronos à Carthage, c’est-à-dire sans doute le tophet.
Conformément à un décret des Carthaginois, Hannon part avec
soixante vaisseaux à cinquante rames qui auraient porté trente mille hommes et
femmes. Au cours d’un premier voyage, il fonde six colonies (Thymaterion, le
Mur des Cariens, Gytté, Acra, Melitta et Arambys), dont aucune ne fut
retrouvée, et un sanctuaire au cap Soloeis, ou cap Cantin. Il fait relâche
ensuite chez les Lixites et prépare son exploration de la côte vers le sud.
Après avoir longé le désert durant deux jours, il parvient dans l’île de Cerne
et y établit des colons. Cerne se trouve sans doute au Rio de Oro, siège du
commerce de l’or qui avait dû attirer les Carthaginois en ces parages. Puis
Hannon parvient au fleuve Chretes, bordé de montagnes peuplées de sauvages qui
l’empêchent de débarquer. Il reconnaît un autre fleuve, où foisonnent
hippopotames et crocodiles, et retourne à Cerne. Le troisième voyage le mène
chez les «nègres» et il parvient dans un golfe semé d’îles, la Corne de
l’Occident, entouré de forêts où l’on entendait la nuit une musique
mystérieuse. Il aperçoit un volcan, le Char des dieux, et une plaine couverte
de laves, enfin, une nouvelle baie, la Corne du Sud, avec une île peuplée
d’êtres velus, sans doute des Pygmées. Les Carthaginois s’emparent de trois
femelles qu’ils doivent tuer tant elles se défendent et rapportent leurs peaux
qui sont exposées dans le temple de Tanit.
La réalité de cet exploit ne saurait être mise en doute,
mais les résultats pratiques demeurèrent minces, semble-t-il.
http ://membres.lycos.fr/majed/personnages/hannon/hannon.html
Au cours du
Ve siècle, Carthage organisa deux grandes expéditions au-delà des colonnes
d'Hercule.
Le périple
d'Hannon raconte le voyage de l'illustre navigateur le long de la côte
africaine occidentale jusqu'au golfe de Guinée.
« Les
Carthaginois décidèrent qu'Hannon doublerait les Colonnes d'Hercule et
fonderait des villes carthaginoises.
Il fit voile
avec 50 navires de 60 rameurs emmenant environ 30 000 hommes et femmes. Après
avoir franchi les Colonnes d'Hercule et navigué deux jours au-delà, nous
fondâmes une première ville qui reçut le nom de Thymiatérion.
Ensuite, nous
dirigeant vers l'Occident, nous parvîmes au Soloesis, promontoire libyque;
ayant établi là un sanctuaire de Poséidon, nous reprîmes la navigation dans la
direction du soleil levant...nous arrivâmes au grand fleuve Lixos...
Nous naviguâmes de la Cerné vers le Midi pendant douze jours en longeant la côte tout entière occupée par des Éthiopiens... nous arrivâmes dans un golfe immense, de l'autre côté duquel il y avait une plaine: là, nous vîmes la nuit des feux s'élever de tous les cotés par intervalles nous continuâmes notre navigation le long de la terre pendant cinq jours, au bout desquels nous arrivâmes à un grand golfe que les interprètes nous dirent s'appeler la Corne d'Occident. Dans ce golfe se trouvait une grande île et, dans l'île, une lagune qui renfermait une autre île. La nuit beaucoup de feux nous apparurent. Nous longeâmes une contrée embrasée pleine de parfums; des ruisseaux de flammes en sortaient et venaient se jeter dans la mer. La terre était inaccessible à cause de la chaleur. Pendant quatre journées de navigation, nous vîmes, la nuit, la terre couverte de flammes; au milieu était un feu élevé, plus grand que les autres et qui paraissait toucher les astres. Mais de jour, on reconnaissait que c'était une très grande montagne, appelée Char des Dieux. »
http://hannibalclub.ifrance.com/hannibalclub/008.htm
