Noctes Gallicanae

Lyriques grecs

Archiloque de Paros


Archiloque a vécu dans la deuxième moitié du 7e siècle et serait l'inventeur du rythme iambique. Son père, sur l'ordre d'un oracle,

ggeilon ParÛoiw TelesÛkleie Ëw se kel¡uv n®sÄ ¤n ±erÛú ktÛzein eédeÛelon stu

"Annonce aux Pariens, fils de Télésiklès, que je t'ordonne de fonder une cité que l'on verra de loin dans l'île enveloppée de brumes matinales."

serait parti coloniser Thasos. C'est peut-être au cours de ces combats que le jeune Archiloque a préférer s'enfuir en abandonnant son bouclier, le premier d'une longue série de boucliers de poètes, d'Archiloque à Horace en passant par Alcée. Le riche Lycambès lui refuse la main de sa fille Néoboulè, ce qui lui vaut ainsi quà sa famille une belle volée d'insultes iambiques. Lycambès s'en est suicidé. Archiloque, dont les Anciens faisaient l'égal d'Homère et d'Hésiode, serait mort au combat au cours de la deuxième colonisation de Thasos, tué par un certain Korax.


 

ƒArxÛloxow õ P‹riow

 

eÞmÜ d' ¤gÆ yer‹pvn m¢n ƒEnualÛoio naktow

kaÜ Mous¡vn ¤ratòn dÇron ¤pist‹menow

Je suis un serviteur du prince Enyalios

et un expert dans l'aimable don des Muses.

 


tÛ moi m¡lei ŽspÛw

ƒAspÛdi m¢n Saývn tiw Žg‹lletai ¶n parŒ y‹mnÄ

¦ntow ŽmÅmhton k‹lliston oék ¤y¡lon

aétòn d' ¦k m' ¤s‹vsa tÛ moi m¡lei ŽspÜw ¤keÛnh

¤rr¡tv ¤jaètiw kt®somai oé kakÛv

De mon bouclier quelque Saien doit se réjouir.

Je l'ai laissé caché derrière un buisson, il ne le méritait pas et je ne le voulais pas.

Mais ainsi j'ai sauvé ma vie. Que m'importe ce bouclier?

Qu'il périsse! J'en achèterai un autre qui ne sera pas plus mauvais.

 


eÞw t¯n Ždelf¯n perÜ toè Žndròw diefyarm¡nou katŒ y‹lattan

oëte ti gŒr klaÛvn Þ®somai oëte k‹kion

y®sv terpvlŒw kaÜ yalÛaw ¤f¡pvn

A sa soeur dont le mari venait de périr en mer

Je ne guérirai rien en pleurant et je ne rendrai pas les choses pires

en continuant à bien vivre et à faire la fête.

 


d¡ktria PasifÛlh

Suk¯ petraÛh pollŒw bñskousa korÅnaw

eé®yhw jeÛnvn d¡ktria PasifÛlh

Le figuier sur sa roche a nourri de nombreuses corneilles,

la naïve Pasiphilè ("qui aime tout le monde") est accueillante pour les étrangers.

 


õ X‹rvn õ t¡ktvn l¡gei ÷ti

oë moi tŒ Gægev toè poluxræsou m¡lei

oéd' eäle pÅ me z°low oéd' ŽgaÛomai

yeÇn ¦rga meg‹lhw d' oék ¤r¡v turannÛdow

Žpñproyen g‹r ¤stin ôfyalmÇn ¤mÇn

Pour moi les biens de Gygès couvert d'or n'ont pas d'intérêt,

et jamais l'envie ne m'en a pris, je ne suis pas jaloux

des ouvrages des dieux, je ne désire pas la royauté altière.

C'est bien trop éloigné de ce que je peux voir.

 


¤n dorÛ moi

¤n dorÜ m¡n moi mza memagm¡nh ¤n dorÜ d'oänow

ƒIsmarikñw pÛnv d' ¤n dorÜ keklim¡now

En ma lance est mon pain pétri, en ma lance est mon vin

d'Ismaros, je bois appuyé sur ma lance.

Ma lance est ma moisson, ma lance est ma boisson,

Je festoie au banquet appuyé sur ma lance. (trad. M. Trédé-Boulmer et S. Saïd)

 

 


 

 

 

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Dernière mise à jour: 03/09/99