Noctes Gallicanae

Lyriques grecs

Arion de Méthymne


Arion de Méthymne a vécu autour de 625 av. J.-C.

Il passait pour avoir inventé le dithyrambe et avoir le premier donné un titre aux chants du choeur. Il serait donc le père de la tragédie.

Après avoir fait fortune en Sicile et en Italie, il s'embarque à Tarente pour Corinthe, mais l'équipage du navire décide de le dépouiller. Il se jette à la mer et un dauphin le recueille et le dépose au cap Ténare (voir Hérodote, I, 23).

 

Nec modus exemplorum: eadem Amphilochi et Tarentini de pueris delphinisque narrant. Quae faciunt ut credatur, Arionem quoque citharoedicae artis, interficere nautis in mari parantibus ad intercipiendos eius quaestus, eblanditum uti prius caneret cithara, congregatis cantu delphinis cum se iecisset in mare, exceptum ab uno Taenarum in litus pervectum.

Les exemples ne manquent pas : les Amphilochiens et les Tarentins racontent les mêmes histoires concernant des enfants et des dauphins, ce qui fait que l’on accorde foi à celle d’Arion, le joueur de cithare. Les marins se préparaient à le noyer dans la mer pour s’emparer de l’argent qu’il avait gagné, il obtint d’eux de jouer un dernier air de cithare. Des dauphins vinrent nombreux attirés par la musique et lorsqu’il se jeta dans la mer, il fut recueilli par l’un d’eux et transporté jusqu’à la côte du Ténare. Pline, Histoire naturelle, IX, 29.


 

'ArÛvn õ MhyumnaÝow

 

ìmnow xarist®riow tÒ PoseidÇni

ìciste yeÇn

pñntie xrusotrÛaine Pñseidon

gai‹ox' ¤gkæmon' Žn' ‘lman

bragxÛoiw d¢ perÛ se plvtoÜ

y°rew xoreæousi kéklÄ

koæfoisi podÇn =Ûmmasin

¤l‹fr' Žnapallñmenoi simoÜ

frijaæxenew Èkædromoi skælakew filñmousoi

delfÝnew ¦nala yr¡mmata

kourn Nhreýdvn yen

oîw ¤geÛnat' 'AmfitrÛta

oá m' eÞw P¡lopow gn

¤pÜ TainarÛan ŽktŒn ¤poreæsate

plazñmenon SikelÒ ¤nÜ pñntÄ

kurtoÝsi nÅtoiw foreèntew

loka Nhreýaw plakòw

t¡mnontew Žstib° pñron

fÇtew dñlioÛ Ëw me Žf' liplñou glafurw n¡vw

eÞw oädm' lipñrfuron lÛmnaw ¦rican

Hymne d'action de grâces à Poséidon

Toi, le plus haut des dieux,

dieu de la mer, dieu au trident en or, Poséidon,

toi qui ébranles la terre depuis les flots salés.

Autour de toi avec leurs nageoires des animaux

qui savent flotter dansent en rond

en projetant leurs pieds légèrement.

Lestement ils s'élancent en arrière en avant, le nez plat,

le cou hérissé, rapides à la course comme de jeunes chiens, amis de la musique,

ce sont les dauphins, nourrissons marins

des Néréides, les divines jeunes filles

qu'Amphitrite mit au monde.

Vous m'avez transporté sur la terre de Pélops

au cap Ténare quand j'errais ballotté par la mer de Sicile

en me portant sur votre dos courbé,

coupant les sillons de la plaine de Nérée, sentier encore non foulé,

quand des mortels mal intentionnés m'avaient jeté hors du navire creux qui flotte sur les mers

dans les vagues sombres et salées de l'étendue marine.

Bi‹norow

…Esthsen PerÛandrow ƒArÛonow eÞkñna taæthn

kaÜ tòn Žpollum¡nÄ sændroma nhj‹menon

eÞn‹lion delfÝna: l¡gei d' ¤p' ƒArÛoni mèyow

keinñmey' ŽnyrÅpoiw, Þxyæsi sÄzñmeya.

De Bianor

Périandre a fait élever cette statue d’Arion

Et, nageant de conserve avec le naufragé,

Le dauphin marin. L’histoire d’Arion nous apprend

Que nous sommes tués par des hommes et sauvés par des poissons.

 

 

¤pÛgramma

Žyan‹tvn pompaÝsin ƒArÛona Kukl¡ow ußòn

¤k Sikeloè pel‹gouw sÇsen öxhma tñde

inscription

Sous l’impulsion des immortels, Arion fils de Cycleus

fut sauvé de la mer de Sicile par ce mont.

Il est possible que ces vers aient été réellement gravés sur le monument d’Arion que décrivent Hérodote et, sept siècles plus tard, Pausanias. Ce dernier, pourtant, ne les cite pas.

Périandre, tyran de Corinthe, avait confondu et châtié les marins criminels.

 

 

 


 

 

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