Noctes Gallicanae
Lyriques
grecs
Bacchylide
de Céos
Bacchylide
de Céos a vécu autour de 450 av. J.-C.
Fils d’un athlète
de renom, il était le neveu du poète Simonide.
Bacchylide a
composé des épinicies, ¤pinÛkia, et des poèmes lyriques.
Il était un peu plus
jeune que Pindare, dont il fut le condisciple auprès de Simonide et dont il
devint le rival, y compris auprès du tyran Hiéron de Syracuse.
Pindare semble
rendre hommage aux deux poètes de Céos dans un péan où il fait dire à leur île
d’origine
GinÅskomai
d¢ kaÜ
m0Ýsan
par¡xvn liw
Je
suis connue aussi
Pour
offrir des poètes en abondance.
Mais ailleurs les
allusions se font plus aigres (Ol., 2) :
sofòw õ
poll eÞdÆw fu
mayñntew
d¢ lbroi
pagglvsÛ&
kñrakew Íw kranta garæeton
Diòw pròw
örniya yeÝon
Talentueux
celui qui sait beaucoup naturellement,
Contrairement
aux tâcherons véhéments
Par
leur bavardage, tels deux corbeaux qui adressent de vains croassements
À
l’oiseau sacré de Zeus.
Il s’agit sans
aucun doute des deux poètes de Céos. Que dire de ces vers de la Deuxième
Pythique :
kalñw
toi pÛyvn par paisÛn, aÞeÛ
kalñw
Il
est beau, le singe, aux yeux des enfants, toujours
Beau.
Hiéron dans le
rôle des enfants et Bacchylide dans celui du singe ? à moins que le singe
Bacchylide ne soit bon qu’à intéresser les enfants par ses facéties dépourvues
d’intérêt aux yeux des adultes ?
BakxulÛdhw õ KeÝow
oé gr ¤n m¡soisi keÝtai
dÇra dusmxeita MoÝsan
tÈpituxñnti f¡rein
Car ce n’est pas n’importe où que se trouvent
Les dons si disputés des Muses
Pour que le premier venu les emporte.
Épinicies
Lxvni
KeÛÄ paidÜ stadieÝ OlumpÛ&
Lxvn Diòw megÛstou
lxe f¡rtaton pñdessi
kèdow ¤p' Alfeoè proxoaÝw [¡ylvn
di' ÷ssa proiyen
mpelotrñfon K¡on
eisn pot' OlumpÛai
pæj te kaÜ stdion
krateè[san
stefnoiw ¤yeÛraw
neanÛai bræontew
s¢ d¢ nèn najimñlpou
OéranÛaw ìmnow §kati NÛk[aw
Aristom¡neion
Î podnemon t¡kow
geraÛrei prodñmoiw oi-
daÝw ÷ti stdion
krat®saw
K¡on eékl¡ójaw
Pour Lachon de Céos, coureur junior à Olympie
Lachon a été lâché par Zeus très Grand
Au sommet de la gloire de ces Jeux grâce à ses pieds rapides
À l’embouchure de l’Alphée.
Pour les mêmes raisons autrefois
Céos nourricière de vignes
A été chantée à Olympie
Par les vainqueurs au pugilat et à la course,
Des jeunes gens à la chevelure
Luxuriante de couronnes.
C’est toi maintenant que l’hymne de la princesse des chants
choraux,
Uranie, par la volonté de la déesse Victoire,
Ô toi, d’Aristomène
Le fils aux pieds ailés,
C’est toi qu’honore cet hymne que l’on chante
Devant ta maison, puisque vainqueur de la course
Tu as fait briller la gloire de Céos.

ArgeÛÄ
KeÛÄ paidÜ pæktú
Isymia
ójon Î semnodñteira F®ma
¤w K[¡on ß]ern xaritÅ-
numn[on] f¡rous' ggelÛan
÷ti m[]xaw yrasæxeirow
Ar-
geÝo[w ]rato nÛkan
kalÇn d' n¡mnasen ÷s' ¤n kle[en]nÇi
aéx¡ni Isymoè zay¡an
lipñntew EéjantÛda n-
son ¤pedeÛjamen ¥bdom®-
konta [sç]n stefnoisin
kaleÝ d¢ Moès' aéyigen®w
gluheÝan aélÇn kanaxn
geraÛrous' ¤pinikÛoiw
PanyeÛda fÛlon ußñn
Pour Argeios de Kéos vainqueur aux jeux Isthmiques
O Renommée, dispensatrice de la gloire,
Bondis vers la sainte Kéos !
Porte-lui la nouvelle où rayonnent les Grâces :
Le garçon au poing vif, oui, le brun Argeios,
A gagné la victoire !
Il a ressuscité des hauts faits la mémoire
Qui sur l'Isthme fameux notre lot ont été,
Lorsque nous envoyait Kéos, île sacrée,
Et que nous étions couronnés
Par nos soixante-dix victoires.
Que la Muse née en cette patrie
Anime la flûte au son clair
Et que son hymne glorifie,
Pantheis, le fils qui t'est cher !
(trad. R. Brasillach)
Ces
deux poèmes ont dû être composés et chantés sur le lieu même des victoires.
Bacchylide a composé ensuite des épinicies plus longues et plus élaborées pour
célébrer l’athlète victorieux de retour dans sa patrie.
Ode
I¡rvni SurakousÛÄ
M®pv liguax[¡a koÛma
brbiton m¡ll[v
p]ol[ufyñggvn ti kainñn]
nyemon Mous[n I]¡rvn[i klutÇi
janyaÝsin áppoiw
ßmerñen tel¡saw
kaÜ
sumpñtaiw ndressi p¡mpein
Aàtnan ¤w ¤æktiton...
A Hiéron de Syracuse
Ne t’endors pas encore, mon barbitos
Au son clair, je vais envoyer un nouveau
Bouquet des Muses harmonieuses à Hiéron le glorieux
Par ses blonds chevaux
Aimable bouquet que je viens d’achever
Pour lui et ses compagnons de banquet
À Aetna la bien bâtie…
Fragments
pntessi <gr> ynatoÝsi dai-
mvn ¤p¡taje pñnouw lloisin llouw
Pour tous les mortels, la divinité
A prévu des soucis, ceux-ci pour les uns, ceux-là pour les
autres.
LudÛa m¢n gr lÛyow
manæei xrusñn n-
drÇn d' retn
sofÛa te
pagkrat®w t' ¤l¡gxei
lyeia ...
Car si la pierre de Lydie
Fait l’épreuve de l’or,
Les qualités des hommes sont
Confirmées par leur talent
Et par la toute-puissante
Vérité…
· kalòw Yeñkritow
oé moènow nyrÅpvn õrw
Mais oui, il est beau, Théocrite !
Tu n’es pas le seul au monde à le voir !
eïte
t¯n p' gkælhw áhsi toÝsde toÝw neanÛaiw
leukòn nteÛnasa p°xun
Lorsque,
Son bras blanc levé,
Elle lance le fond de sa coupe en l’honneur de ces jeunes gens…
Sur
le jeu du cottabe, voir Callimaque.
Éw d' paj eÞpeÝn fr¡na kaÜ pukinn
k¡rdow nyrÅpvn bitai p250
Je le dis une fois pour toutes : l’esprit, même celui des
plus avisés,
L’esprit des hommes est soumis à l’appât du gain !
oé boÇn presti sÅmat' oëte xrusòw
oëte profæreoi tphtew
ll yumòw eémen®w
Moès te glukeÝa kaÜ BoivtÛoisin
¤n skæfoisin oänow ²dæw
Il n’y a pas ici de carcasse de bœuf, ni d’or,
Ni de tapis de pourpre,
Mais un cœur bienveillant,
La douce Muse et, dans les coupes
De Béotie un vin savoureux.
Ni la viande de boeuf, ni l'or, ne nous accablent,
Ni les tapis que teint la pourpre,
Mais nous avons pour nous une humeur agréable,
La Muse aux chansons douces,
Et le vin savoureux dans le creux de nos coupes.
(trad. R. Brasillach)
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12 août 2001 page à compléter |