Noctes Gallicanae
Poètes
grecs
Théocrite
de Syracuse
Yeñkritow õ Surakñsiow
Idylle III. Une sérénade.
KÇmow
Kvmsdv potÜ AmarullÛda, taÜ d¡ moi aäfew
bñskontai kat' örow kaÜ õ TÛturow aétw ¤laænei.
Je vais donner la sérénade à Amaryllis,
mes chèvres
paissent sur la colline et
Tityre les garde.
TÛtur' ¤mÜn tò kalòn pefilhm¡ne, bñske tw aägaw
kaÜ potÜ tn krnan ge TÛture, kaÜ tòn ¤nñrxan
tòn Libukòn knkvna, fulsseo m® tu koræcú.
Tityre, toi qui m’es si cher, fais
paître mes chèvres
et conduis-les à la fontaine,
Tityre, quant au bouc,
le Lybien au poil fauve, prends
garde qu’il ne te donne pas de coups de cornes.
Î xarÛess' AmarullÛ, tÛ m' oék¡ti toèto kat' ntron
parkæptoisa kaleÝw; tòn ¤rvtælon ·r me miseÝw;
·r g¡ toi simòw katafaÛnomai ¤ggæyen ·men,
næmfa, kaÜ prog¡neiow; pgjasyaÛ me pohseÝw.
HnÛde toi d¡ka mla f¡rv. ThnÇye kayeÝlon,
Ï m' ¤k¡leu kayeleÝn tæ: kaÜ aërion lla toi oÞsÇ.
Gracieuse Amaryllis, pourquoi
depuis cette caverne
ne te penches-tu plus pour
m’appeler ? moi, ton tendre amant, me détestes-tu ?
est-ce que vu de près tu me
trouves le nez aplati,
ma nymphe, et la barbe
drue ? je finirai par me pendre à cause de toi.
Voilà : je t’apporte une
dizaine de pommes. Je les ai cueillies là-bas,
là où tu m’as demandé de les
cueillir. Et demain, je t’en apporterai d’autres.
Ysai mn: yumalg¢w ¤mÜn xow. Aáye genoÛman
bombeèsa m¡lissa kaÜ ¤w teòn ntron ßkoÛman
tòn kissòn diadçw kaÜ tn pt¡rin, ª tç puksdeiw.
Nèn ¦gnvn tòn
Ervta: barçw yeñw: ·ra leaÛnaw
mazòn ¤y®laze, drumÒ t¡ nin ¦trafe mthr
Ëw me katasmæxvn kaÜ ¤w östion xriw Þptei.
Regarde donc : mon cœur
souffre et s’afflige. Ah ! si je pouvais devenir
la bourdonnante abeille et si je
pouvais entrer dans ta caverne
en glissant à travers le lierre
et la fougère avec laquelle tu te protèges.
Maintenant je connais l’Amour.
Un dieu pénible. Il a bien fallu que sa mère
lui fasse téter la mamelle d’une
lionne, l’élève au fond des bois
pour qu’il me brûle et me
transperce jusque dans les os.
V tò kalòn poyoreèsa, tò pn lÛyow: Î kunofru
næmfa, prñsptujaÛ me tòn aÞpñlon, Ëw tu fil®sv.
Esti kaÜ ¤n keneoÝsi fil®masin d¡a t¡rciw.
Tòn st¡fanon tÝlaÛ me kat' aétÛka lept pohseÝw,
tñn toi ¤gÆn AmarullÜ fÛla kÛssoio fulssv
mpl¡jaw kalækessi kaÜ eéñdmoisi selÛnoiw:
Êmoi ¤gÅn, tÛ pyv, tÛ õ dæssoow; oéx êpakoæeiw.
Nymphe au beau regard, toute de
pierre, Nymphe au sourcil sombre,
embrasse-moi, ton chevrier, pour
que je te donne un baiser.
Il y a même dans les baisers
légers un doux plaisir.
Tu vas me faire effeuiller en
menus morceaux sur le champ la couronne,
la couronne de lierre que pour
toi, Amaryllis bien aimée, je garde
et que j’avais tressée de
boutons de roses et de persil odorant.
Pauvre de moi ! Que vais-je
endurer ? Point de salut : tu ne veux rien entendre.
Tn baÛtan podçw eÞw kæmata thnÇ leèmai,
Ïper tÆw yænnvw skopizetai
Olpiw õ gripeæw:
kaàka m¯ 'poynv, tñ ge mn teòn dç t¡tuktai.
Egnvn prn, ÷k' ¤meè memnam¡nv eÞ fil¡eiw me,
oéd¢ tò thl¡filon potemjato tò platghma,
ll' aëtvw palÇ potÜ pxeow ¤jemarnyh:
eäpe kaÜ AgroiÆ tlay¡a koskinñmantiw,
prn poiologeèsa paraibtiw, Ënek' ¤gÆ m¢n
tÜn ÷low ¦gkeimai, tç d¡ meu lñgon oéd¡na poi»:
· mn toi leukn didumatñkon aäga fulssv,
tn me kaÜ M¡rmnvnow ¤riyakÜw melanñxrvw
aÞteÝ, kaÜ dvsÇ oß, ¤peÜ tæ moi ¤ndiayræptú.
Je vais ôter ma pelisse et me
jeter là dans les flots,
où Olpis le pêcheur guette les
thons ;
et si je ne meurs pas, du moins
cela t’aura fait plaisir !
J’ai compris il y a quelques jours,
quand je me demandais si tu m’aimes,
et le claquement du « qui
aime de loin » ne s’est pas fait entendre quand je l’ai pressé,
mais il s’est flétri à la façon
d’une plante tendre et épaisse.
et Agroio, la devineresse au
crible, m’a dit la vérité :
l’autre jour elle marchait
derrière moi en ramassant de l’herbe, puisque moi
je suis tout entier enveloppé
par toi, toi tu ne fais de moi aucun cas.
Et pourtant, pour toi je garde
une chèvre blanche qui a fait deux petits,
et que la petite servante de
Mermon, la petite brune,
me demande : et je la lui
donnerai puisque toi tu me dédaignes.
Alletai ôfyalmñw meu õ dejiñw: ·ra g' ÞdhsÇ
aétn; seémai potÜ tn pÛtun Ïd' poklinyeÝw:
kaÛ k¡ m' àsvw potÛdoi, ¤peÜ oék damantÛna ¤stÛn:
Mon œil tressaille, le droit !
Est-ce que je vais la voir,
elle ? Je vais chanter
appuyé contre ce pin là-bas
et elle me regardera
peut-être : elle n’est pas en acier.
Ippom¡nhw ÷ka d¯ tn pary¡non ³yele gmai,
ml' ¤n xersÜn ¥lÆn drñmon nuen: d' Atalnta
Éw àden, Éw ¤mnh, Éw ¤w bayçn lat' ¦rvta:
tn g¡lan xÈ mntiw p'
Oyruow ge
Melmpouw
¤w Pælon: d¢ BÛantow ¤n gkoÛnaisin ¤klÛnyh
mthr xarÛessa perÛfronow AlfesiboÛaw:
tn d¢ kaln Kuy¡reian ¤n Êresi m°la nomeævn
oéx oìtvw Vdvniw ¤pÜ pl¡on gage læssaw,
Ëst' oéd¢ fyÛmenñn nin ter mazoÝo tÛyhti;
zalvtòw m¢n ¤mÜn õ tòn tropon ìpnon Þaævn
EndumÛvn, zalÇ d¢ fÛla gænai IasÛvna,
ùw toss°n' ¤kærhsen, ÷s' oé peuseÝsye b¡baloi.
« Hippomène, lorsqu’il
voulut épouser la vierge,
« prit des pommes dans ses
mains et courut sans se retourner : Atalante
« dès qu’elle les vit, comme elle perdit la tête !
comme elle tomba dans un amour profond !
« Le devin Mélampous
conduisit un troupeau de l’Othrys
« à Pylos ; elle se
coucha enlacée dans les bras de Bias,
« la charmante mère de la très sage Alphésibée.
« Et la belle Cythérée,
quand sur les montagnes il gardait ses moutons
« Adonis ne la conduisit-il
pas à ce point de folie furieuse
« que mort elle le serra contre son sein.
« J’envie dormant son
éternel sommeil
« Endymion. J’envie aussi,
mon aimée, Jason
« qui a vécu tant de choses
que vous ne les saurez jamais toutes, profanes. »
Alg¡v tn kefaln, tÜn d' oé m¡lei. Oék¡t' eÛdv,
keiseèmai d¢ pesÅn, kaÜ toÜ lækoi Îd¡ m' ¦dontai:
Éw m¡li toi glukç toèto kat brñxyoio g¡noito.
J’ai mal à la tête, cela t’est
bien égal ! Je ne chante plus,
Je vais tomber et rester
allongé, et ainsi les loups me mangeront sûrement.
Que ce soit comme du miel sucré
coulant dans ton gosier !

Atalante,
célèbre pour sa rapidité à la course, épousa Hippomène, qui parvint à la
vaincre.
Mélampous,
devin et thaumaturge, aurait introduit le culte de Dionysos en Grèce (Hérodote,
II, 49). Homère (Odyssée, XI, 281-297 et XV, 225-242) raconte comment il obtint
la main de Péro, fille de Nélée, pour son frère Bias :
Je vis aussi Chloris, la plus belle des femmes, si belle que
Nélée, pour l'avoir en son lit, paya mille cadeaux : des filles d'Amphion,
elle était la plus jeune; ce puissant Iaside régnait sur Orchomène et sur les
Minyens. Reine des Pyliens, elle donna de beaux enfants à son époux :
Chromios et Nestor, le fier Périclymène et cette fille enfin, merveille de la
terre, la vaillante Péro dont tout le voisinage se disputait la main. Nélée,
pour la donner, voulait qu'on lui ravît le bétail dangereux, les boeufs au
large front, aux cornes recourbées, que le fort Iphiclès gardait en Phylaké.
Seul, l'illustre devin promit de les ravir. Mais le destin d'un dieu hostile
l'entrava d'infrangibles liens, les bouviers l'enlacèrent; les jours, les nuits
passaient; l'année ferma son cours; quand le printemps revint, le robuste
Iphiclès relâcha le devin pour avoir tout prédit; ainsi la volonté de Zeus
s'accomplissait.
Car jadis Mélampous habitait à Pylos, la mère des troupeaux, où,
très riche, il avait-le plus beau des manoirs. Mais il avait dû fuir sur la
terre étrangère : le généreux Nélée, le plus noble des êtres, l'avait
durant un an, dépouillé de ses biens, cependant qu'il était captif chez
Phylakos et que, chargé de chaînes, la fille de Nélée lui valait des tortures,
pour la lourde folie qu'avait mise en son coeur la terrible Erinnys. Mais,
éludant la Parque, il put de Phylaké, ramener à Pylos les vaches mugissantes et
punir le divin Nélée de son méfait; puis, ayant célébré les noces de son frère,
il quitta le pays et s'en fut vers Argos et ses prés d'élevage. C'est là que le
destin lui donna de régner sur des sujets nombreux; il prit femme; il bâtit une
haute maison; il engendra deux fils pleins de vigueur. Antiphàtès et Mantios.
(traduction
de Victor Bérard)
Endymion,
jeune et beau berger aimé de Séléné, dort d’un sommeil éternel que lui a
accordé Zeus.
Jason,
chef des Argonautes, s’empara, en Colchide, de la Toison d’or, grâce à l’aide
de Médée qu’il épousa et répudia plus tard pour Créüse, fille du roi Créon.
rxete boukolikw MoÝsai fÛlai rxet' oidw
Idylle
VI, les Chanteurs bucoliques