Noctes
Gallicanae
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Abrégé d'Histoire romaine |
Germanicus
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Ti Claudius Nero ? - ~33 |
Livia Drusilla ~58 - 29 |
Marc Antoine ~84 - ~30 |
Octavie ~69 ? - ~9 |
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Auguste ~63 - 14 |
Scribonia ? – 16 ? |
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D Claudius Drusus ~39 - ~9 |
Antonia Minor ~37 – 40 ? |
M Agrippa ~64 - ~12 |
Julia ~39 - 14 |
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Germanicus ~15 - 19 |
Agrippina ~14 - 33 |
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6 enfants vivants |
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Après la mort des Césars Gaius et Lucius, Auguste âgé de soixante-sept ans se trouve obligé de régler à nouveau sa succession. Il adopte son dernier petit-fils Agrippa Postumus et Tibère, son beau-fils, alors âgé de quarante-six ans. Tibère, pourtant déjà père d’un garçon majeur, Drusus, se voit contraint d’adopter lui-même son neveu, le fils de son frère Nero Claudius Drusus, surnommé Germanicus, ce titre étant transmissible à son héritier.
Dans les dernières années d’Auguste, la succession à l’empire est donc réglée : Tibère d’abord, puis Germanicus assureront la continuité du pouvoir. A la mort d’Auguste, Tibère est âgé de 56 ans, son fils Drusus a 24 ans, Germanicus en a 29. On pouvait penser qu’il restait à Tibère une dizaine d’années à vivre, une douzaine au plus : ses deux fils, le fils biologique et le fils adoptif, auraient atteint l’âge mûr et ne pouvaient manquer de se trouver en compétition pour succéder à leur père. Lequel des deux le vieil empereur allait-il pousser en avant ?
Claudius Nero Drusus Germanicus, devenu du fait de ces adoptions en chaîne Gaius Julius Caesar, est passé dans l’histoire sous
le nom de Germanicus.

germanicvs caesar ti avg f
divi avg n
Né en ~15, fils de Decimus Claudius Drusus (~39-~9), et donc neveu de Tibère,il porte en lui le sang des Claudii par sa grand-mère paternelle Livia Drusilla, épouse d’Auguste, tout comme Drusus, le fils biologique de Tibère, mais il porte aussi en lui le sang des Julii par sa grand-mère maternelle Octavie, sœur d’Auguste. Seule ombre possible aux yeux d’Auguste à la naissance de l’enfant : sa mère Antonia Minor est la fille de Marc Antoine.
ANTVNIAN THN
ADELFIDHN THN YEOU
SEBASTOU GUNAIKA DE GENOMENHN
DROUSOU KLAUDIOU
ADELFOU TOU AUTOKRATOROS
TIBERIOU SEBASTOU
UIO[U] SEBASTOU MHTERA
DE GERMANIKOU KAISAROS
KAI TIBERIOU KLAUDIOU
GERMANIKOU
KAI LEIBIAS YEAS AFRODEITHS
ANXEISIADOS
PLEISTAS KAI MEGISTAS
ARXAS TOU YEIOTATOU
GENOUS PARASXOUSAN
FILVN APOLLVNIOU
THN EAUTOU
YEAN KAI EUERGETIN
EK TVN IDIVN
ILS 8787, près de Troie
Antonia, nièce du dieu Auguste, devenue l’épouse de Drusus Claudius,
frère de l’empereur Tibère Auguste fils d’Auguste, et mère de Germanicus César
et de Tibère Claude Germanicus et de Livie (Livilla) déesse Aphrodite,
descendante d’Anchise. A celle qui lui a accordé les charges les plus hautes et
plus importantes envers sa divine famille, Philon fils Apollonios consacre à
ses frais cette statue de sa déesse et bienfaitrice.
Mais il est surtout le seul descendant mâle des Julii capable de succéder un jour au vieil empereur :
L’arrière-petit-fils
d’Auguste, fils de sa petite-fille Julia, mariée à L Aemilius Paulus, n’est
encore qu’un bébé.
Agrippa
Postumus, son petit-fils et fils adoptif, se comporte de façon inquiétante,
tellement inquiétante que
Agrippam brevi ob ingenium sordidum ac ferox
abdicavit seposuitque Surrentum. . . Agrippam nihilo tractabiliorem,
immo in dies amentiorem, in insulam transportavit saepsitque insuper custodia
militum. Cavit etiam s. c. ut eodem loci in perpetuum contineretur rapidement, Auguste le renia en raison de son caractère grossier
et brutal et l’assigna à résidence à Sorrente… Comme Agrippa ne s’améliorait en
rien mais au contraire se montrait de plus en plus dément de jour en jour, il
le fit transporter dans une île et de plus garder par un détachement militaire.
Il prit soin aussi de faire confirmer cette réclusion perpétuelle par un décret
du sénat.
(Suétone, Auguste,
65).
Agrippa
Postumus était-il aussi fou que le dit la tradition ? Les intrigues de
Livie qui tentait de pousser Tibère vers le pouvoir ont peut-être contribué à
noircir l’image d’Agrippa, une image à coup sûr déjà bien sombre, quand on
pense qu’une partie de son hérédité se retrouvera chez Caligula et Néron.
Germanicus
épouse Agrippine, la petite-fille d’Auguste, née en ~14. Quand ?
Vraisemblablement
en 2, compte-tenu de l’âge de la jeune fille. Mais en 2, les Césars Gaius et
Lucius étaient toujours vivants et Auguste ne souhaitait sans doute pas qu’un
Claudius lui donne des arrière-petits-fils adoptifs avant que ses petits-fils
et fils adoptifs ne puissent lui donner des (arrière)-petits-fils.
Situer
ce mariage en 4 ou 5, au moment de l’adoption de Germanicus, lui confère une
dimension supplémentaire : Auguste sera l’arrière-grand-père biologique
des enfants qui seront issus de cette union. D’ailleurs, la première naissance,
celle de Nero Caesar, a lieu en 6.
Auguste
aurait songé à laisser l’empire à Germanicus dont il favorise la
carrière : il est fait questeur en 11, cinq ans avant l’âge légal :
GERMANICO
CAESARI TI F AVG N(EPOTI)
Q(VAESTORI) AVGVRI CO(N)S(VLI)
DESIG(NATO)
D D
Inscription d’Apamée (Bithynie)
A Germanicus
César, fils de Tibère, petit-fils
d’Auguste
questeur, augure, consul désigné,
est dédiée ce monument.
Le
jeune homme obtient le consulat l’année suivante, à 27 ans. Il part ensuite
diriger les armées de Gaule et de Germanie, poste important pour acquérir de
l’expérience mais sans risque particulier :
Bellum ea tempestate nullum nisi adversus Germanos
supererat, abolendae magis infamiae ob amissum cum Quintilio Varo exercitum
quam cupidine proferendi imperii aut dignum ob praemium il ne restait à cette époque aucune
guerre, si ce n’est contre les Germains, plus encore pour effacer la honte de
l’armée perdue avec Quintilius Varus que par volonté d’agrandir l’empire ou de
tirer profit d’une victoire. (Tacite, Annales,
I, 3).
Lors de
l’avènement de Tibère, des mouvements divers se produisent dans les légions de
Pannonie et de Germanie, les premières revendiquent, si j’ose dire, des
meilleures conditions de service, les secondes associent ces revendications à
un mouvement politique :
Germaniciani quidem etiam principem detractabant non
a se datum summaque vi Germanicum, qui tum iis praeerat, ad capessendam rem p.
urgebant, quanquam obfirmate resistentem les troupes de Germanie refusaient aussi un prince qu’elles
n’avaient pas fait et pressaient avec l’insistance la plus forte Germanicus,
qui les commandait alors, de prendre le pouvoir, ce qu’il refusait
énergiquement. (Suétone, Tibère,
25).
Pourquoi
ce refus ? par simple fidélité envers les institutions, la mémoire
d’Auguste, son père adoptif ? C’est possible. Pour éviter une guerre
civile qui n’aurait pas manqué de se produire, d’autant qu’il se serait trouvé
en conflit avec Drusus, le fils de Tibère, qui avait à peu près son âge ?
C’est vraisemblable. Parce qu’il ne se sentait pas prêt ? Sa reprise en
main des légions de Germanie rappelle la manière de Jules César : savant
dosage de sévérité et de clémence directement et consciemment inspiré du grand
imperator. Il déclare aux troupes mutinées :
divus Iulius seditionem exercitus verbo uno
compescuit, Quirites vocando qui sacramentum eius detrectabant ; divus
Augustus vultu et aspectu Actiacas legiones exterruit ; nos ut nondum
eosdem, ita ex illis ortos le
divin Jules apaisa une sédition de son armée d’un seul mot, citoyens, appelant
ainsi des soldats qui trahissaient le serment qu’ils lui avaient prêté ;
le divin Auguste terrifia par l’expression de son visage les légions
d’Actium ; moi, je ne les égale pas encore, mais je suis de leur sang. (Tacite, Annales,
I, 42).
Comme
César encore, sous prétexte d’aguerrir de nouveau ses troupes, il entreprend
une campagne en Germanie profonde : il passe le Rhin à deux reprises,
atteint l’Océan et l’Elbe, remporte de nombreuses victoires sur différents
peuples et, succès religieux autant que militaire, il rend six ans après leur
défaite les honneurs funèbres à Varus et à ses légions. Il semble que le Bellum
Gallicum soit sur le point de se renouveler sous la forme d’un Bellum
Germanicum. Tibère s’en inquiète, sans doute avec raison :
non enim simplicis eas curas, nec adversus externos
[studia] militum quaeri ces
entreprises ne sont pas désintéressées, et ce n’est pas contre des étrangers
que l’on stimule le dévouement des soldats,
déclare Tibère en privé. (Tacite, Annales, I, 69).
Début
16, Tibère rappelle Germanicus pour ramener le calme en Orient, du côté de
l’Arménie. Nul ne se méprend sur les intentions de Tibère, et surtout pas
Germanicus lui-même qui ne quitte qu’à reculons à la fin de l’année ou au début
de 17 acr[a] in eum studia militum le dévouement total à son
égard de ses troupes pour affronter aversa
patrui voluntas les
résolutions hostiles de son oncle. Il
reçoit le 26 mai les honneurs du triomphe sur les Germains : augebat intuentium visus eximia ipsius species currusque quinque
liberis onustus l’attention
des spectateurs redoublait à la vue de la noblesse de son attitude et du char
qui portait ses cinq enfants. (Tacite, Annales, II, 41). Il est
de nouveau « élu » consul pour l’année 18 et part avec des pouvoirs
étendus se fourrer dans le guêpier oriental en général et arménien en
particulier, cette Arménie qui avait coûté si cher à son aïeul Marc Antoine.
Au cours du printemps 19, il visite l’Égypte, ce qui lui vaut les remontrances de Tibère : Tiberius cultu habituque eius lenibus verbis perstricto, acerrime increpuit quod contra instituta Augusti non sponte principis Alexandriam introisset. Nam Augustus inter alia dominationis arcana, vetitis nisi permissu ingredi senatoribus aut equitibus Romanis inlustribus, seposuit Aegyptum Tibère, après avoir blâmé en termes mesurés sa tenue et sa façon de vivre, lui reprocha très vivement d’être entré dans Alexandrie au mépris des décisions d’Auguste et sans autorisation du prince. Auguste en effet, parmi un certain nombre de domaines réservés, avait mis l’Égypte à part en interdisant aux sénateurs et aux chevaliers romains de quelque renom de pénétrer en Égypte sans sa permission. (Tacite, Annales, II, 52).
A l’automne 19, de retour en Syrie, Germanicus tombe malade et meurt assez rapidement. Le bruit se répand qu’il a été empoisonné, peut-être par Cn Pison, gouverneur de Syrie et courtisan de Tibère. On expose le corps nu sur le forum d’Antioche, pour que chacun puisse constater qu’il ne présente pas de traces de violences ou d’empoisonnement. Rome prend spontanément le deuil et prolonge ce deuil même pendant les Saturnales. Lorsqu’en janvier Agrippine arrive à Rome portant les cendres de son mari, l’émotion est à son comble, la ville tout entière, désespérée assiste aux funérailles auxquelles Tibère se garde bien de paraître, et adresse à la jeune veuve et à ses enfants des témoignages de sympathie qui sont ressenties, à juste titre sans doute, comme autant de critiques par l’empereur. On crie à Agrippine qu’elle est decus patriae, solu[s] Augusti sangui[s], unicum antiquitatis specimen l’honneur de la patrie, le seul sang d’Auguste, le seul exemple des vertus antiques. (Tacite, Annales, III, 4).
La légende de Germanicus est née. Bien des années plus tard, on acclamera encore l’empereur Claude aux cris de Feliciter Germanici fratri ! « vive le frère de Germanicus ! »
Qui était-il vraiment ? Difficile à dire : il est mort trop jeune pour qu’une longue carrière ait pu confirmer les qualités que lui prêtent les historiens. Suétone, dans les premiers chapitres de la vie de Caligula, trace de lui un portrait extrêmement flatteur :
Omnes Germanico corporis animique
virtutes, et quantas nemini cuiquam, contigisse satis constat : formam et
fortitudinem egregiam, ingenium in utroque eloquentiae doctrinaeque genere
praecellens, benivolentiam singularem conciliandaeque hominum gratiae ac
promerendi amoris mirum et efficax studium Que
Germanicus ait réuni toutes les qualités du corps et de l’esprit, plus que
n’importe qui d’autre, tout le monde s’accorde à le dire : il avait une
beauté et un courage remarquables, il surpassait les autres par son éloquence
et ses connaissances générales en grec et en latin, il avait un caractère particulièrement
ouvert, il avait un vif désir d’obtenir la sympathie de ceux qu’il rencontrait
et réussissait à s’en faire aimer.
Bel
éloge que confirme Tacite au cours des deux premiers livres des Annales,
non sans évoquer ici ou là quelques zones d’ombre : outre le goût du faste
et l’arrogance, luxus et superbiae,que lui reproche son ennemi Pison,
·
l’orgueil du patricien
fier de son ascendance :
discors aula erat tacitis in Drusum aut Germanicum studiis. Tiberius ut proprium et sui sanguinis Drusum fovebat : Germanico alienatio patrui amorem apud ceteros auxerat, et quia claritudine materni generis anteibat, avum M. Antonium, avunculum Augustum ferens. contra Druso proavus eques Romanus Pomponius Atticus dedecere Claudiorum imagines videbatur la cour était secrètement divisée en deux partis : l’un en faveur de Drusus, l’autre en faveur de Germanicus. Tibère poussait Drusus comme issu de son propre sang, l’hostilité latente de son oncle avait augmenté chez tous les autres l’amour qu’ils portaient à Germanicus, et aussi la supériorité de sa noblesse du côté maternel où il comptait Marc Antoine pour grand-père et Auguste pour grand-oncle, tandis que l’arrière-grand-père, un chevalier romain, Pomponius Atticus semblait déparer la généalogie des Claudes. (Tacite, Annales, II, 43).
· une ambition mal dissimulée, qui rappelle celle de son grand-père Marc Antoine, qui évoque la fascination qu’exerçait sur les Romains la légende d’Alexandre :
Germanicus
in urbe Artaxata adprobantibus nobilibus, circumfusa multitudine, insigne
regium capiti eius imposuit. Ceteri venerantes regem Artaxiam consalutavere,
quod illi vocabulum indiderant ex nomine urbis Dans la ville d’Artaxata, avec l’approbation de la
noblesse locale, entouré d’une foule immense, il plaça sur sa tête l’insigne de
la royauté. Tout le monde se prosterna et le salua du titre de roi Artaxias,
nom qu’ils avaient formé sur celui de leur ville. (Tacite, Annales, II, 56).
Un peu
plus tard, au cours d’un festin, le roi des Nabatéens (peuple arabe qui vivait
au nord du golfe Persique) offre à Germanicus et à Agrippine, des corona[s] aurea[s] magno pondere des couronnes d’or d’un grand poids.
Tacite précise que Pison a rejeté avec véhémence « la couronne plus
légère » qu’il s’était vu donner, tout comme les autres VIP présents au
même festin. Mais il faut comprendre que Germanicus a accepté et coiffé sa
couronne.
Je remercie M.
Laurent Tholbecq, professeur à l’Université Laval, Québec, de m’avoir signalé
une erreur dans la rédaction de ce paragraphe.
GERMANIKON KAISARA AUTOKRATOROS
TIBERIOU KAISAROS SEBASTOU UION
NIKHSANTA OLUMPIA TEYRIPPV TELEI[V]
MARKOS ANTVNIOS PEISANOS
TON EAUTOU PATRVNA DII OLUMPIV
ILS
8786, à Olympie
Germanicus César, fils de l’empereur
Tibère César Auguste,
vainqueur à Olympie avec un quadrige intact.
Marcus Antonius Pisanus offre cette statue
de son protecteur à Zeus Olympien.
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Germanicus |