Noctes Gallicanae

Abrégé

d'Histoire romaine


Le Haut-empire ( ~27-192)


Les Julia, filles de Germanicus

Iulia Livilla


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IVLIAE GERMANICI FILIAE

 

Les enfants de Germanicus et Agrippine

Habuit in matrimonio Agrippinam, M. Agrippae et Iuliae filiam, et ex ea novem liberos tulit : quorum duo infantes adhuc rapti, unus iam puerascens insigni festivitate, cuius effigiem habitu Cupidinis in aede Capitolinae Veneris Livia dedicavit, Augustus in cubiculo suo positam, quotiensque introiret, exosculabatur ; ceteri superstites patri fuerunt, tres sexus feminini, Agrippina Drusilla Livilla, continuo triennio natae ; totidem mares, Nero et Drusus et C. Caesar. Neronem et Drusum senatus Tiberio criminante hostes iudicavit.

[Germanicus] reçut en mariage Agrippine, fille de M. Agrippa et de Julia. Elle lui donna neuf enfants. Il en perdit deux encore tout petits, un autre déjà garçonnet, d’une remarquable gentillesse. Livie fit consacrer un portrait de lui figuré en Amour dans le temple de Vénus Capitoline, Auguste en plaça un dans sa chambre à coucher et ne manquait pas de lui donner un baiser quand il y entrait. Les autres survécurent à leur père : trois filles, Agrippine, Drusilla et Livilla, nées à un an d’intervalle ; trois garçons, Nero, Drusus et Gaius César. Néron et Drusus furent déclarés ennemis publics par le sénat sur accusation de Tibère. (Suétone, Caligula, 7).

 

Tibère marie Drusilla et Livilla (en 33)

Ser. Galba L. Sulla consulibus diu quaesito quos neptibus suis maritos destinaret Caesar, postquam instabat virginum aetas, L. Cassium, M. Vinicium legit. Vinicio oppidanum genus: Calibus ortus, patre atque avo consularibus, cetera equestri familia erat, mitis ingenio et comptae facundiae. Cassius plebeii Romae generis, verum antiqui honoratique, et severa patris disciplina eductus facilitate saepius quam industria commendabatur. Huic Drusillam, Vinicio Iuliam Germanico genitas coniungit superque ea re senatui scribit levi cum honore iuvenum.

Sous le consulat de Servius Galba et de Lucius Sulla (en 33), après avoir longtemps hésité sur le choix des maris de ses petites-filles, César (Tibère), pressé par l’âge des jeunes filles, choisit Lucius Cassius et Marcus Vinicius. Vinicius était d’origine provinciale : issu de Calès (en Campanie), son père et son grand-père avaient été consuls, le reste de sa famille appartenait à l’ordre équestre. Il avait un caractère doux et parlait avec élégance. Cassius était issu d’une famille plébéienne de Rome, mais ancienne et estimée. Élevé par son père sous une stricte discipline, il se recommandait davantage par son aisance que par son activité. Ainsi sont mariées les filles de Germanicus : Drusilla à ce dernier, Julia (Livilla) à Vinicius. Tibère en informe le sénat par lettre avec un bref éloge des jeunes gens. (Tacite, Annales, 6, 15)

L. Cassius Longinus avait été consul en 30.

 

Caligula et ses sœurs

... honneurs...

Envers sa mère, ses sœurs et sa grand-mère Antonia, il se conduisit la plupart du temps aussi respectueusement que possible… Il donna à ses sœurs les privilèges des Vestales, une place dans sa propre loge pour assister près de lui aux courses de chevaux. Il décréta qu’elles seraient associées aux prières annuelles qui étaient célébrées par les magistrats et les prêtres pour son salut et celui de l’État, et que les serments que l’on prêtait sur son règne seraient prononcés également en leur nom. (Dion Cassius, LIX, 3). On jurait qu’on tiendrait en plus grand honneur Caligula et ses sœurs que soi-même et ses propres enfants. (Dion Cassius, LIX, 9).

En 37, Caligula donna aussi à ses sœurs les privilèges des vierges Vestales, y compris celui d’assister aux courses avec lui dans la loge impériale. (Dion Cassius, LIX, 6)

 

... et déshonneur ...

Il prétendait être Jupiter (incarné) et il en tirait prétexte pour coucher avec de nombreuses femmes et tout particulièrement avec ses sœurs. (Dion Cassius, LIX, 26).

Cum omnibus sororibus suis consuetudinem stupri fecit plenoque convivio singulas infra se vicissim conlocabat uxore supra cubante.

Il eut régulièrement des relations incestueuses avec toutes ses sœurs, et devant tous les convives, ils les faisait placer tour à tour près de lui à la place d’honneur, alors que son épouse occupait la seconde place. (Suétone, Caligula, 24).

Reliquas sorores nec cupiditate tanta nec dignatione [quanta Drusillam] dilexit, ut quas saepe exoletis suis prostraverit.

Son amour pour ses autres soeurs (Agrippine et Livilla) ne s'accompagna ni d'une passion ni d’égards comparables, puisqu'il les prostitua souvent à ses mignons. (Suétone, Caligula, 24).

 

NERVNI KAI

DROUSV KAI AGRIPPINA

KAI DROUSILLA

NEA AFRODITA

TOIS KASIGNHTOIS[I]

TV AUTOKRATOROS

GAIV KAISAROS

ILS 8789 (inscription de Mytilène)

A Néron, à Drusus, à Agrippine et à Drusilla, la nouvelle Aphrodite, les frères et soeurs de l’empereur Gaius César.

 


Iulia Livilla

 

Dernière fille (et dernier enfant) d’Agrippine et de Germanicus, Julia Livilla naît en 17 à Lesbos : son père est en route pour son commandement en Orient.

Petita inde Euboca tramisit Lesbum ubi Agrippina novissimo partu Iuliam edidit. De là, il passa par l’île d’Eubée en direction de Lesbos où Agrippine mit au monde son dernier enfant, Julia (Livilla). (Tacite, Annales, II, 54)

 

Livilla fait peu parler d’elle jusqu’à l’expédition de Caligula en Germanie où, avec sa sœur Agrippine, elle avait accompagné l’armée. A titre de concubines ? Leur sœur Drusilla venait de mourir.

Il fit exécuter Lentulus Gaetulicus, qui jouissait d’une excellente réputation et qui était depuis dix ans gouverneur de Germanie, l’accusant de collusion avec les soldats. En même temps, il fit mettre à mort Lépidus, l’homme qui était son mignon et son amant, le mari de Drusilla, celui qui avec lui couchait avec ses sœurs Agrippine et Julia (Livilla), à qui il avait permis d’exercer les magistratures cinq ans avant l’âge légal, celui dont il disait qu’il ferait son successeur à la tête de l’empire. A l’occasion de ces exécutions, il fit remettre aux soldats une gratification, comme s’il avait vaincu des ennemis, et fit envoyer trois poignards au temple de Mars Ultor (« Vengeur ») à Rome. En raison de leurs relations avec Lépidus, il exila, dans les îles Pontia (îles du Latium, à 40 km au large de S. Felice Circeo), ses sœurs qu’il dénonça au sénat dans une longue lettre comme impies et immorales. (Dion Cassius, LIX, 22).

 

Agrippine et Livilla passent deux ans abandonnées dans leur île où elles pouvaient craindre le pire : comment oublier le sort de Julia ou d’Agrippa Postumus ?

L’avènement de Claude les sauve :

(Claude) rappela ceux qui avaient été injustement exilés par Caligula ainsi que les sœurs de ce dernier Agrippine et Julia et leur rendit leurs biens. (Dion Cassius, LX, 4).

 

Mais, rapidement, Livilla va susciter la jalousie de Messaline :

(En 41, Messaline) qui enrageait de voir que sa nièce (par alliance) Julia ne la respectait pas et ne la courtisait pas, qui en était jalouse parce qu’elle était très belle et rencontrait souvent Claude en tête-à-tête, la fit exiler.

¤gkl®mata aéth lla te kaÜ moixeÛaw paraskeu‹sasa, ¤f' » kaÜ õ Sen¡kaw õ ƒAnnaÝow ¦fuge, kaÜ ìsterñn ge oé pollÒ kaÜ Žp¡kteinen aét®n.

Elle forgea contre elle de nombreuses accusations, y compris celle d’adultère, accusation pour laquelle Anneus Seneca (Sénèque) aussi fut exilé [ou plus exactement « banni »]. Quelque temps après, elle réussit même à la faire exécuter. (Dion Cassius, LX, 8).

Sénèque fréquentait décidément de très près les deux filles survivantes de Germanicus !

 

Claude a sans doute fait preuve dans cette affaire d’une certaine légèreté, mais ceci n’a rien de bien surprenant :

His, ut dixi, uxoribusque addictus, non principem, sed ministrum egit, compendio cuiusque horum vel etiam studio aut libidine honores exercitus impunitates supplicia largitus est, et quidem insciens plerumque et ignarus [...] : Appium Silanum consocerum suum Iuliasque, alteram Drusi, alteram Germanici filiam, crimine incerto nec defensione ulla data occidit.

Livré, ainsi que je l'ai dit, à ses affranchis et à ses femmes, Claude se conduisit, non comme un prince, mais comme un serviteur : c'est suivant les intérêts ou même les sympathies et les caprices de chacun d'eux qu'il distribua les honneurs, les armées, les grâces, les supplices, et qui plus est, très souvent sans le savoir ni s'en rendre compte [...] : il fit périr, sur des accusations vagues et sans leur permettre de se défendre, Appius Silanus, le beau-père de son gendre, les deux Julies, filles l'une de Drusus, l'autre de Germanicus. (Suétone, Claude, 29)

 

Livilla mourra de faim. Bizarrement, Dion Cassius explique, un peu plus loin (LX, 27), que Messaline qui

êpocÛ& te ÷ti t¯n gunaÝka aétoè t¯n ƒIoulÛan Žpoktñnei

soupçonnait (Vinicius) d’avoir fait tuer sa femme Julia [et qui était furieuse qu’il refusât d’être son amant] le fit empoisonner.

 

 

 


 

Histoire de Rome: sommaire général

Auguste

 

Tibère

 

Caligula

 

Claude

 

Néron

 

 

Livia Drusilla

Julia

Julia, petite-fille d’Auguste

Germanicus

Agrippine l’aînée

Agrippine la jeune

Julia Livilla, fille de Germanicus

Julia Drusilla, fille de Germanicus

Julia, fille de Drusus

Messaline