Noctes
Gallicanae
Testamentum
Porcelli

J’ai découvert ce
texte dans les trésors de la Bibliotheca
Augustana qui le présente ainsi :
Auctor testamenti porcelli ignotus est, floruit ca. annum 350.
Hieronymos in praefatione libri XII commentariorum in Isaiam: testamentum
Grunnii Corocottae porcelli decantant in scholis puerorum agmina cachinnantium.
« L’auteur du « Testament du Porcelet » est
inconnu ; on peut le situer vers 350 ap. J.-C. Saint Jérôme dans la
préface de son Commentaire d’Isaïe écrit : « Des légions
d’enfants chantent en riant bien fort dans les écoles le Testament de Grognon
Corocotta le Porcelet. »
Voici le passage de saint Jérôme :
Nullus tam imperitus scriptor est qui lectorem non inveniat
similem sui, multoque pars maior est Milesias fabellas revolventium quam
Platonis libros. In altero enim ludus et oblectatio est, in altero difficultas
et sudor mixtus labori. Denique Timaeum de mundi harmonia astrorumque cursu et
numeris disputantem ipse qui interpretatus est Tullius se non intellegere
confitetur, testamentum autem Grunnii Corocottae porcelli decantant in scholis
puerorum agmina cachinnantium. « Il n’y a pas d’écrivain, si mauvais
soit-il, qui ne trouve un lecteur qui lui ressemble : ils sont bien plus nombreux
à lire des fables Milésiennes que les livres de Platon. D’un côté, en effet, ce
ne sont que jeu et divertissement, de l’autre c’est un mélange de peine, de
fatigue et de travail. Du reste Cicéron, qui en fut le commentateur, confesse
qu’il n’a pas compris le Timée et ses développements sur l’harmonie du monde,
la course des astres et les nombres ; mais le Testament du cochon
Grunnius Corocotta, ce sont des troupes d’enfants qui se le lisent
inlassablement dans les écoles en riant aux éclats. » (trad. G. Di Cicco)
M.
Gilles Di Cicco, professeur de lettres, a élaboré pour ses élèves une séquence
autour du Testamentum Porcelli et m’a fait l’amitié de m’indiquer deux
traductions italiennes (l’une, annotée, de E. Mori,
l’autre, anonyme, au
format PDF) et de me communiquer son travail, c’est-à-dire la séquence complète
comprenant la traduction qu’il a élaborée avec ses élèves. Aussitôt que ces
documents seront disponibles sur la Toile, je ne manquerai pas d’en indiquer
l’adresse.
Ceci
m’a amené à relire ma propre traduction et à en corriger plusieurs passages en
cherchant mieux ce qui pouvait faire éclater de rire les gamins du IVe
siècle, qui devaient n’être guère différents en cela de ceux d’aujourd’hui.
Incipit testamentum porcelli.
Ici commence le testament du porcelet.
M. Grunnius Corocotta porcellus testamentum fecit.
Quoniam manu mea scribere non potui, scribendum dictavi.
Marcus Grognon Lacouenne le porcelet a fait son testament.
Puisque je ne pouvais l’écrire de ma propre main, je l’ai fait
écrire sous la dictée.
Magirus cocus dixit :
– Veni huc, eversor domi, solivertiator, fugitive porcelle,
et hodie tibi dirimo vitam.
Cook le cuisinier dit :
– Viens ici, bouleverseur de maison, retourneur de sol,
porcelet fuyard, qu’aujourd’hui je t’ôte la vie.
Corocotta porcellus dixit :
– Si qua feci, si qua peccavi, si qua vascella pedibus meis
confregi, rogo, domine coce, vitam peto, concede roganti.
Lacouenne le porcelet dit :
– Si j’ai fait quelque chose de mal, si j’ai commis quelque
faute, si j’ai pu de mes pieds briser de la vaisselle, je te supplie, seigneur
cuisinier, accorde-moi la vie, pardonne à un suppliant.
Magirus cocus dixit :
– Transi, puer, affer mihi de cocina cultrum, ut hunc
porcellum faciam cruentum.
Cook le cuisinier dit :
– Allez, mon gars, va me chercher mon couteau dans la
cuisine, que je couvre ce porcelet de sang !
Porcellus comprehenditur a famulis, ductus sub die XVI Kal.
Lucerninas, ubi abundant cymae, Clibanato et Piperato consulibus. Et ut vidit
se moriturum esse, horae spatium petiit et cocum rogavit ut testamentum facere
posset. Clamavit ad se suos parentes, ut de cibariis suis aliquid dimitteret
eis.
Le porcelet est saisi par les goujats et emmené le 16 des
calendes du mois des Lampes, à la saison où les choux sont tendres, sous le
consulat d’Enfourné et Poivré. Et lorsqu’il a vu qu’il allait mourir, il a
demandé une heure de délai en priant le cuisinier de lui donner la possibilité
de faire son testament. A grands cris, il a appelé près de lui ses parents pour
leur laisser quelque chose de ses provisions.
Qui ait :
Patri meo Verrino Lardino do lego dari glandis modios XXX, et
matri meae Veturinae Scrofae do lego dari Laconicae siliginis modios XL, et
sorori meae Quirinae, in cuius votum interesse non potui, do lego dari hordei
modios XXX.
En voici les termes :
A mon père, Verratin Lardon, je donne et lègue pour lui être
remis 30 boisseaux de glands ; à ma mère Vieillotte Truie, je donne et
lègue pour lui être remis 40 boisseaux de fleur de farine de Laconie, à ma sœur
Romulette, au mariage de laquelle je n’ai pas pu assister, je donne et lègue
pour lui être remis 30 boisseaux d’orge.
Et de meis visceribus dabo donabo sutoribus saetas, rixoribus
capitinas, surdis auriculas, causidicis et verbosis linguam, bubulariis
intestina, isiciariis femora, mulieribus lumbulos, pueris vesicam, puellis
caudam, cinaedis musculos, cursoribus et venatoribus talos, latronibus ungulas.
Et en ce qui concerne mes abats, je donne et lègue aux
cordonniers mes soies, aux querelleurs mon museau, aux sourds mes oreilles, aux
avocassiers et aux bavards ma langue, aux fabricants de saucisses de boeuf mes
boyaux, aux fabricants de salaison mes cuisses et mon bas-ventre, aux femmes
mes filets mignons, aux garçons ma vessie, aux filles ma queue, aux pédés ma
rosette, aux courriers et aux chasseurs mes pieds, aux voleurs mes sabots.
Et nec nominando coco legato dimitto popiam et pistillum quae
mecum attuleram […] de
Thebeste usque ad Tergeste […] liget sibi collum de reste.
Et, pour ne pas nommer mon
legs au cuisinier, je lui abandonne le service trois-pièces que j’ai toujours
transporté sur moi, [qu’il s’en serve] de Nantes à Montaigu [et] qu’il aille se
pendre, le cou serré par une corde !
Et volo mihi fieri monumentum ex litteris aureis scriptum :
M. GRVNNIVS
COROCOTTA PORCELLVS
VIXIT ANNIS
DCCCC. XC. VIIII. S.
QVOD SI SEMIS
VIXISSET,
MILLE ANNOS
IMPLESSET.
Et je veux qu’on m’élève un monument funéraire avec cette
inscription en lettres d’or :
Marcus
Grognon Corocotta le Porcelet.
Il a vécu
999 ans et demi.
Et s’il
avait vécu une demi-année de plus,
il aurait
eu mille ans accomplis.
Optimi amatores mei vel consules vitae, rogo vos ut cum corpore
meo bene faciatis, bene condiatis de bonis condimentis nuclei, piperis et
mellis, ut nomen meum in sempiternum nominetur. Mei domini vel consobrini mei,
qui testamento meo interfuistis, iubete signari.
Mes très chers amis, vous qui m’aimâtes ou qui guidâtes ma vie,
je vous prie de faire de bonnes choses avec mon corps, de bien l’assaisonner
avec de bons assaisonnements : amande, poivre et miel, afin que mon nom
soit glorifié pour l’éternité. Mes seigneurs et miens cousins qui assistâtes à
la rédaction de ce testament, faites procéder au scellage.
Lardio signavit.
Ofellicus signavit.
Cyminatus signavit.
Lucanicus signavit.
Tergillus signavit.
Celsinus signavit.
Nuptialicus signavit.
Petit-Salé a scellé.
Blanquette a scellé.
Merguez a scellé.
Chorizo a scellé.
Couenne de Lard a scellé.
Travers de Porc a scellé.
Amourettes a scellé.
Explicit testamentum porcelli sub die XVI Kal. Lucerninas
Clibanato et Piperato consulibus feliciter.
Ici finit le Testament du Porcelet, mené à bien le jour du 16
des calendes du mois des Lampes, sous le consulat d’Enfourné et Poivré.
Quelques
remarques :
Corocotta : le corocotta(s)
(korokñttaw)
est décrit par Pline comme un animal d’Éthiopie, issu du croisement
d’une hyène et d’une lionne :
Huius
generis coitu leaena Aethiopica parit corocottam, similiter voces imitantem
hominum pecorumque. Par un croisement avec
cette espèce (la hyène) la lionne d’Éthiopie donne naissance au
« corocottas », capable lui aussi [comme la hyène] d’imiter les cris
des hommes et des animaux d’élevage. Pline,
VIII, 107. Voilà un surnom qui illustre bien la capacité
de notre porcelet à s’exprimer en langage humain, même si ses sabots lui
interdisent d’écrire !
Corocotta était aussi le nom d’un célèbre brigand
espagnol si l’on en croit Dion Cassius (LVI, 43, 3) :
[KaÝsar] t®n te
pÛstin kaÜ pròw toçw oék jÛouw aét°w ¤t®rei: Korokñttan goèn tina lúst¯n ¤n
IbhrÛ& kmsanta tò m¢n prÇton oìtv di' ôrg°w ¦sxen Ëste tÒ
zvgr®santi aétòn p¡nte kaÜ eàkosi muridaw ¤pikhrèjai, ¦peit' ¤peid¯ ¥kÅn
oß pros°lyen, oëte ti kakòn eÞrgsato kaÜ pros¡ti kaÜ tÒ rgurÛÄ ¤keÛnÄ
¤ploætise.
Auguste respectait sa parole même envers ceux qui n’en étaient pas
dignes. Par exemple, il y avait en Espagne un brigand à succès du nom de
Corocotta. D’abord, Auguste en conçut une colère telle qu’il fit proclamer une
récompense de deux cent cinquante mille deniers à qui le livrerait
vivant ; mais ensuite, lorsque le brigand se présenta devant lui de son
plein gré, il ne se contenta pas de ne lui faire aucun mal, il fit de lui un
homme riche avec l’argent de la récompense.
J’ai quand même du mal à établir un rapport entre notre
porcelet et ce lointain ancêtre du José Maria raconté par Mérimée !
E.
Mori pense que Corocotta « pourrait avoir un rapport avec l’expression corium
coctum, cuir bouilli, […]. Il est possible aussi d’y
voir une allusion à la couenne ». M. Di Ciccio traduit par « Dur à
Cuire ».
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Magirus : « cuisinier » (mgeirow). Pourquoi ne pas rendre les mots grecs
par des mots anglais (ou américains) ?
cruentus le cuisinier emploie un adjectif
violent : « ensanglanté, couvert de sang ».
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Lucerninae Kalendae :
les calendes des mois « où l’on travaille à la lumière » (Gaffiot),
où l’on se lève avant le jour, c’est-à-dire décembre et janvier.
clibanus du grec klÛbanow ou krÛbanow
désigne une sorte de plat à tajine.
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capitina : j’ai traduit ce mot par
« museau », le pluriel est peut-être un moyen d’exprimer la
complexité du produit transformé.
bubulum, bubula, bubella, bubulinus, boæbela :
« viande de bœuf ». La viande de porc se dit porcina, suilla,
suina.
femur : le jambon se dit perna (voyez ce mot dans un graffiti de Pompéi) ; femur désigne la cuisse, mais le pluriel femora évoque (de façon très convenable, un peu
comme notre « bas-ventre ») l’entrecuisse et donc le sexe, masculin
ou féminin : cunctae animae quae ingressae sunt cum
Iacob in Aegyptum et egressae de femore illius absque uxoribus filiorum
sexaginta sex Les personnes qui
vinrent avec Jacob en Égypte, et qui étaient issues de sa virilité, étaient au
nombre de soixante-six en tout, sans compter les femmes de ses fils. Le
texte grec dit ¤k tÇn
mhrÇn aétoè « issues de ses cuisses ». Genèse, 46:26
lumbuli, terme de cuisine, désigne les rognons.
La tentation est évidemment forte de comprendre « les rognons de
joie » ou, pour rester dans la triperie, « les rognons blancs ».
Il me semble que le contexte ne s’y prête pas : ce ne sont pas ses organes
génitaux que Grunnius Corocotta lègue dans cette partie de la phrase (on verra
qu’il les abandonne au cuisinier !).
cauda : – Caudam antiqui "penem" vocabant […], at hodie "penis" est in
obscenis. – At vero Piso ille Frugi in Annalibus suis queritur adolescentes
peni deditos esse. – Quod tu in epistula appellas suo nomine, ille tectius
"penem" ; sed, quia multi, factum est tam obscenum quam id
verbum, quo tu usus es. Les Anciens
désignaient la queue par le mot « membre » […], mais de nos jours
« membre » fait partie des mots inconvenants. Mais, dis-tu, le fameux
Pison Frugi se plaint dans ses Annales de voir les jeunes gens consacrer
tout leur temps à leur membre. Ce que toi, dans ta lettre, tu appelles par son
nom, lui il le nomme indirectement avec le mot « membre », mais comme
beaucoup de gens en font autant, ce mot est devenu aussi inconvenant que celui
dont tu t’es servi. Cicéron, Fam., IX, 22. Ce passage tend à montrer que pour Cicéron le
mot cauda ne présente justement
pas de sens obscène.
Horace
par contre emploie cauda
au sens de mentula, mais ni Catulle
ni Martial ne le font, peut-être parce que cet emploi avait une connotation
paysanne. Par contre, l’association d’idées se faisait inévitablement, tout
comme chez nous. J’ajoute qu’à Pompéi, le bistrot de Masculus était le
rendez-vous des codati,
« les mecs qui ont une queue » !
Remarquons que
ce testament n’emploie aucun mot in obscenis,
tout est dit par allusion.
Tout comme le cœur
était considéré comme siège de l’âme, de l’intelligence et des sentiments
nobles (« Rodrigue, as-tu du cœur ? »), le rein était considéré
comme siège de l’instinct sexuel, d’où l’expression biblique « sonder les
cœurs et les reins ». Il me semble qu’en français les reins n’évoquent
plus rien de sexuel, sinon le coup de reins. C’est ce que j’ai essayé de rendre
en traduisant lumbuli par
« filets mignons ».
musculi
est obscur : je ne vois pas en quoi des muscles pouvaient être utiles aux cinaedi, sinon pour les faire paraître plus
virils, « non è chiaro se i muscoli dovessero servir loro
per apparire meno effeminati o se vi è un altro gioco di parole », dit E.
Mori. Le contexte invite en effet à chercher autre chose. Le grec permet un jeu
de mots entre mèw
« la souris, le muscle » et mæsiw, de la famille de mæv,
« occlusion intestinale ». De là à imaginer que dans le vocabulaire
de la charcuterie un hybride gréco-latin musculi
ait désigné ce que nous appelons « la rosette », il y a un pas que je
franchis volontiers ! Notons que capitina
est également employé au pluriel.
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Il
est bien difficile d’interpréter le paragraphe qui contient le legs au
cuisinier. Texte mutilé ou allusions obscures, ou les deux ?
popia, « louche, plat creux,
gamelle », mot qui doit avoir un lien étymologique avec popina « la gargotte », a donné en
français « poche ». Je pense que cette « gamelle » et son
pilon forment un ensemble que le goret ne veux pas nommer pour respecter les
bienséances et que ces mots doivent s’entendre obsceno
sensu, sens qui devait s’imposer aux écoliers du IVe
siècle. Sens qui s’impose, je pense, dans notre texte puisque le porcelet
n’avait pas encore mentionné cette partie de ses abats. Quant à l’usage que le
cuisinier peut faire de ce « pilon » assorti de son mortier,
« de Tébessa à Trieste », libre à chacun de l’imaginer.
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Il est pratiquement
impossible de traduire le vocabulaire de la charcuterie : chacun a pu
constater des variantes aussi bien de signifiants que de signifiés d’une région
de France à une autre ! Alors quand presque deux mille ans ont passé, les
mots ont disparu tout comme les produits qu’ils désignaient. Il faut donc
improviser.
lar(i)dus désigne le lard : Votum pro bubus, uti valeant, sic facito. Marti Silvano in silva
interdius in capita singula boum votum facito. Farris L. III et lardi P. IIII S
et pulpae P. IIII S, vini S. III, id in unum vas liceto coicere, et vinum item
in unum vas liceto coicere. Voici
comment faire un sacrifice votif pour la santé du gros bétail. Faire un
sacrifice votif à mars Silvanus dans la forêt et de jour pour chaque tête de
gros bétail comme suit : 3 livres d’épeautre, 4½ livres de lard, 4½ livres
de viande maigre, 3 setiers de vin. On peut tout mettre dans un seul récipient
ou mettre le vin dans un récipient à part. Caton, Agriculture,
83.
offa : boulette de pâte ou de viande. Ofella désignerait plutôt, d’après les recettes
d’Apicius, une pièce de viande rôtie ou bouillie.
cuminum, cyminum :
cumin. Je retiens la traduction pittoresque de M. Di Cicco.
Lucanica désigne une sorte de saucisse, peut-être
rapportée de Lucanie par les légions romaines et dont Apicius donne la recette
(Art culinaire, 61 ; je propose la traduction adaptée par M. Renzo
Pedrazzini dans le beau livre Saveurs et senteurs de la Rome antique,
Ed. Fontan et Barnouin, Toulouse, 1996) :
Teritur piper, cuminum, satureia, ruta,
petroselinum, condimentum, bacae lauri, liquamen, et admiscetur pulpa bene
tunsa ita ut denuo bene cum ipso subtrito fricetur. Cum liquamine admixto,
pipere integro et abundanti pinguedine et nucleis inicies in intestinum perquam
tenuatim perductum, et sic ad fumum suspenditur.
Hacher
moyennement la viande de porc. Tenir au frais. Piler, hacher le cumin, la
sarriette, le persil et les baies de laurier. Ajouter le poivre moulu. Bien
mélanger. Réserver.
Émincer finement le vert du
poireau. Cuire à feu doux, à couvert, dans 1 dl d'huile d'olive. Assaisonner au
nuoc-mam.
Au terme de la cuisson du
poireau, incorporer celui-ci à la viande de porc hachée. Ajouter les aromates,
les pignons et le poivre en grains (grossièrement concassé). Bien malaxer le
tout. Farcir un boyau mince et le suspendre à la fumée.
Griller, puis déglacer dans une poêle avec un trait de vinaigre, un
peu de garum et de defritum. Accompagner de lentilles ou de pois cassés.
tergilla désigne la couenne de lard : Spatulam
porcinam coctam tessellatim concides cum sua sibi tergilla
Couper en dés une épaule de porc préalablement
cuite avec sa couenne. Apicius, 168.
celsus me fait penser au « travers de
porc » (haut de côtes).
nuptialicus pourrait être un « ragoût de
noces », traduction pas très heureuse que j’avais adoptée dans un premier
temps… Comme le mot devait comporter un sous-entendu, j’ai pensé à « amourettes »
(testiculi caponum, dit Apicius !). Tant pis si je
donne à un membre distingué de la famille porcine des attributs qui
conviendraient mieux à des gallinacés !
Quelle
astuce cachée sous ce mot nuptialicus
pouvait bien faire rire les écoliers dont parle saint Jérôme, quel
rapprochement pouvaient-ils faire entre le porc et les noces ? Varron nous
fournit peut-être une piste :
Sus graece dicitur ðw,
olim yèw, dictus ab illo verbo quod dicunt yæein, quod est immolare. Ab suillo
enim pecore immolandi initium primum sumptum videtur, cuius vestigia, quod
initiis Cereris porci immolantur, et quod initiis pacis, foedus cum feritur,
porcus occiditur, et quod nuptiarum initio antiqui reges ac sublimes viri in
Etruria in coniunctione nuptiali nova nupta et nouus maritus primum porcum
immolant. Prisci quoque Latini, etiam Graeci in Italia idem factitasse
videntur. Nam et nostrae mulieres, maxime nutrices, naturam qua feminae sunt in
virginibus appellant porcum, et Graecae choeron, (xoÝrow) significantes esse dignum insigne nuptiarum. Varron, De l’agriculture, II, 4, 9-10
Le porc se dit en grec « hys », autrefois
« thys », nom qui dérive du verbe « thyin » qui signifie
« sacrifier ». En effet il semble que c’est d’abord dans le troupeau
de porcs que l’on prenait les victimes au début des sacrifices. Il reste des
souvenirs de cet usage : on sacrifie des porcs au début des cérémonies
pour Cérès ; on tue un porc au début des cérémonies pour la paix lorsqu’on
a négocié le traité ; au début des cérémonies de mariage, chez nos anciens
rois et dans l’aristocratie étrusque, la jeune mariée et le jeune mari
commençaient la célébration de leur union nuptiale par le sacrifice d’un porc.
Il semble que les anciens Latins aussi, tout comme les Grecs installés en
Italie, connaissaient la même coutume. La preuve en est que chez nous, les
femmes et tout particulièrement les nourrices appelent chez les jeunes filles
la partie du corps qui fait d’elles des femmes le « porc » (les
Grecques aussi l’appelent « choiros »). Elles désignent ainsi les
signes qui montrent que le temps du mariage approche.
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Histoires de cochons…
Anthologie Palatine
Xætron toi taæthn te kreagrÛda kaÜ bayukamp°
kleÝda suÇn kaÜ tn
¤tnodñnon torænan
kaÜ pterÛnan =ipÝda tanaÛxalkñn te l¡bhta
sçn
pel¡kei kaÜ tn laimotñmon sfagÛda
zvmoè t' mf' ôbeloÝsin rustrÛda tñn te mag°a
spñggon
êpò stibar keklÛmenon kopÛdi
kaÜ toèton dikranon lotrÛba, sçn d¢ yueÛan
eëpetron
kaÜ tn kreiodñkon skafÛda,
oêcopñnow SpÛnyhr Erm» tde sæmbola t¤xnaw
y®kato,
doulosænaw xyow pvsmenow.
Une marmite, une fourchette de rôtisseur, une esse
bien recourbée à suspendre les porcs, cette cuillère à purée,
un éventail en plumes, un chaudron tout en bronze,
avec une hache, ce coutelas à trancher les gorges,
une louche pour puiser le
jus des viandes à la broche, cette éponge
à essuyer les tables, posée
sous un lourd couperet,
ce pilon à deux têtes pour
broyer le sel et avec lui un mortier
en bonne pierre, enfin un
plat creux pour servir la viande :
voici les attributs de son
métier qu’Étincelle le rôtisseur
consacrés à Hermès,
maintenant qu'il a secoué le fardeau de l'esclavage. VI, 306
Cicéron
Longum est mulorum persequi
utilitates et asinorum, quae certe ad hominum usum paratae sunt. Sus vero quid
habet praeter escam; cui quidem, ne putesceret, animam ipsam pro sale datam
dicit esse Chrysippus; qua pecude, quod erat ad vescendum hominibus apta, nihil
genuit natura fecundius.
Il serait trop long de vanter
ici les qualités dont sont pourvus, certainement pour le bien de l'homme, les
mulets et les ânes. Et le porc? Qu'est-ce autre chose qu'un aliment? Il a une
âme, dit Chrysippe, pour l'empêcher de pourrir, elle tient lieu de sel et,
parce qu'il est destiné à la nourriture de l'homme, la nature a voulu que cet
animal fût exceptionnellement prolifique. Nat. Deor., II, 64.
anima désigne ici
« le principe de vie, le souffle vital ».
Etenim omnium rerum, quas et
creat natura et tuetur, quae aut sine animo sunt aut multo secus, earum summum bonum
in corpore est, ut non inscite illud dictum videatur in sue, animum illi pecudi
datum pro sale, ne putisceret.
Pour toutes les espèces que la
nature engendre et conserve, et qui sont sans âme, ou peu s'en faut, le souverain
bien est uniquement dans le corps, de sorte qu'en parlant du pourceau, on n'a
pas mal dit que la nature lui avait donné une sorte d'âme au lieu de sel, pour
l'empêcher de pourrir.
Sunt autem bestiae quaedam,
in quibus inest aliquid simile virtutis, ut in leonibus, ut in canibus, in
equis, in quibus non corporum solum, ut in suibus, sed etiam animorum aliqua ex
parte motus quosdam videmus.
Il y a pourtant des bêtes qui
ont en elles quelque chose de semblable à la vertu, comme les lions, les
chiens, les chevaux, dans lesquels nous ne voyons pas seulement des mouvements
corporels comme chez les pourceaux, mais de certains élans qui semblent partir
de l'âme. De Finibus, V, 13-14.
[…] Mundi
principio indulsit communis conditor illis
tantum animas, nobis animum quoque, mutuus ut nos
adfectus petere auxilium et praestare iuberet.
Au
commencement du monde, notre Créateur commun ne leur attribua [aux animaux] que
le principe de vie, à nous il a attribué aussi une âme, afin qu’une mutuelle affection
nous force à nous demander et à nous porter assistance. Juvénal,
XV, 147-150.
Histoire Auguste
Alexandre Sévère, 22.
Cum vilitatem
populus Romanus ab eo peteret, interrogavit per curionem, quam speciem caram
putarent. Illi continuo exclamaverunt carnem bubulam atque porcinam. Tunc ille
non quidem vilitatem proposuit, sed iussit, ne quis suminatam occideret, ne
quis lactantem, ne quis vaccam, ne quis damalionem, tantumque intra biennium
vel prope annum porcinae carnis fuit et bubulae, ut, cum fuisset octominutalis
libra, ad duos unumquemque utriu>que carnis libra redigeretur.
Un jour que le peuple de Rome réclamait un abaissement des prix, il
fit demander par le crieur public quel genre de produit lui paraissait trop
cher. Les gens s'écrièrent immédiatement que c'était la viande de boeuf et de
porc. Alors, au lieu de procéder à une baisse des prix, il défendit à quiconque
de tuer truie, cochon de lait, vache ou veau : il y eut au bout de deux ans ou
même guère plus d'un an une telle quantité de porc et de boeuf, que les deux
sortes de viande qui coûtaient auparavant huit pièces d'argent la livre n'en
coûtèrent plus que deux ou même une.
Homère
chez
Circé
Elle sort, ouvre sa porte
reluisante et les invite ; et voilà tous mes fous ensemble qui la suivent !
Flairant le piège, seul, Euryloque est resté... Elle les fait entrer ;
elle les fait asseoir aux sièges et fauteuils ; puis, leur ayant battu
dans son vin de Pramnos du fromage, de la farine et du miel vert, elle ajoute
au mélange une drogue funeste, pour leur ôter tout souvenir de la patrie. Elle
apporte la coupe ; ils boivent d'un seul trait. De sa baguette, alors, la
déesse les frappe et va les enfermer sous les tects de ses porcs. Ils en
avaient la tête et la voix et les soies ; ils en avaient l'allure ;
mais, en eux, persistait leur esprit d'autrefois. Les voilà enfermés. Ils
pleuraient et Circé leur jetait à manger faines, glands et cornouilles, la
pâture ordinaire aux cochons qui se vautrent.
chez
Eumée
[Eumée] dit et, par-dessus sa robe,
prestement, serra sa ceinture ; puis, s'en allant aux tects où restait
enfermé le peuple des gorets, il en prit une paire, les rapporta, les immola,
les fit flamber et, les ayant tranchés menu, les embrocha. Quand ce rôti fut
prêt, il l'apporta fumant, le mit devant Ulysse, à même sur les broches, en
saupoudra les chairs d'une blanche farine, mélangea dans sa jatte un vin
fleurant le miel et prit un siège en face, en invitant son hôte.
Eumée. — Allons ! mange, notre
hôte ! ... dîner de serviteurs ! ... de simples porcelets ! car
nos cochons à lard, les prétendants les croquent, sans un remords au coeur et
sans pitié d'autrui.
…
Or, le divin porcher appela ses
bergers :
Eumée. — Vous allez m'amener le plus
beau de nos porcs ; pour cet hôte qui vient de loin, nous le
tuerons ! et nous-mêmes, tâchons de profiter aussi ! Nous avons tout
le mal ! ces porcs aux blanches dents nous font assez peiner, quand
d'autres, sans remords, vivent de nos sueurs !
Il disait et, prenant le bronze
sans pitié, il en fendait ses bûches. Les autres amenaient un porc de belle
graisse, un cochon de cinq ans, que l'on mit aussitôt debout sur le foyer, et
le porcher n'oublia pas les Immortels : c'était un bon esprit ! Du
porc aux blanches dents, quand il eut prélevé quelques poils de la hure, qu'il
jeta dans la flamme en invoquant les dieux, il assomma la bête d'une bûche de
chêne qu'il n'avait pas fendue, et l'âme s'envola.
Saigné, flambé, le porc fut
vite dépecé et, sur les viandes crues qu'il détachait des membres, le porcher
étendit un large champ de graisse, puis jeta dans le feu ces tranches
saupoudrées d'une fine farine, et le reste, coupé menu, fut mis aux broches.
Quand tout fut cuit à point,
lorsque, tiré du feu, le rôti fut dressé sur les planches à pain, le porcher se
leva et fit les parts : c'était le plus juste des cœurs ! Il mit tout
au partage et prépara sept lots. Le premier, qu'il offrit avec une prière, fut
pour le fils de Zeus, Hermès, et pour les Nymphes. Il en servit un autre à
chacun des convives, mais garda pour Ulysse les filets allongés du porc aux
blanches dents, et cette part d'honneur emplit de joie le maître.
Traduction Victor
Bérard
Macrobe
Tremellius
vero Scropha cognominatus est eventu tali. Is Tremellius cum familia atque
liberis in villa erat. Servi eius cum de vicino scropha erraret, subreptam
conficiunt. Vicinus advocatis custodibus omnia circumvenit nequa ecferri
possit, isque ad dominum appellat restitui sibi pecudem. Tremellius qui ex
vilico rem comperisset, scrophae cadaver sub centonibus collocat super quos
uxor cubabat ; quaestionem vicino permittit. Cum ventum est ad cubiculum,
verba iurationis concipit : nullam esse in villa sua scropham, « nisi istam, inquit, quae
in centonibus iacet », lectulum
monstrat. Ea facetissima iuratio Tremellio Scrophae cognomentum dedit.
Tremellius la Truie (Tremellius Scrofa) reçut ce surnom à la
suite de l’incident [suivant]. Ce Tremellius se trouvait avec toute sa
maisonnée et ses enfants dans son domaine rural. Ses esclaves attrapent et
tuent une truie qui s’était échappée de chez son voisin. Le voisin rassemble
ses hommes et fait surveiller toutes les issues du domaine afin que rien n’en
puisse sortir. Lui-même met en demeure le maître du domaine de lui rendre son
animal. Tremellius, que son intendant avait mis au courant, fait cacher le
cadavre de la truie sous le lit sur lequel était couchée son épouse. Il
autorise son voisin à procéder à une inspection. Lorsqu’on en est arrivé à la
chambre, Tremellius prononce une formule de serment selon laquelle il n’y a pas
de truie dans sa ferme, « sinon, ajoute-t-il, celle que tu peux voir ici
allongée sous les couvertures » et il désigne le lit. Cette formule de
serment particulièrement spirituelle lui valut son surnom de Scrofa, la Truie.
Très
spirituel en effet, et quelle délicatesse envers madame Tremellius ! sans
parler bien sûr de l’honnêteté de ce noble patricien.
Heureusement
pour la classe sénatoriale, Varron nous a transmis une autre origine, plus
flatteuse, de ce surnom :
Cui
Tremelius : Ignorare, inquit, videre, cur appeller Scrofa. Itaque ut etiam
hi propter te sciant, cognosce meam gentem suillum cognomen non habere, nec me
esse ab Eumaeo ortum. Avus meus primum appellatus est Scrofa, qui quaestor cum
esset Licinio Nervae praetori in Macedonia provincia relictus, qui praeesset
exercitui, dum praetor rediret, hostes, arbitrati occasionem se habere
victoriae, impressionem facere coeperunt in castra. Avos, cum cohortaretur
milites ut caperent arma atque exirent contra, dixit celeriter se illos, ut
scrofa porcos, disiecturum, id quod fecit. Nam eo proelio hostes ita fudit ac
fugavit, ut eo Nerva praetor imperator sit appellatus, avus cognomen invenerit
ut diceretur Scrofa. Itaque proavos ac
superiores de Tremeliis nemo appellatus Scrofa.
Et Tremellius lui dit : Tu as l’air d’ignorer pourquoi je
m’appelle Scrofa, « la Truie ». Apprends donc, et du même coup ceux
qui sont à côté de toi le sauront aussi, que ma famille ne porte pas un surnom
dû aux cochons et que je ne suis pas un descendant d’Eumée ! Mon ancêtre
qui reçut le premier ce surnom de La Truie était questeur auprès du préteur
Licinius Nerva. Celui-ci lui avait laissé le commandement de l’armée jusqu’à
son retour dans leur province de Macédoine. L’ennemi, voyant là une chance de
remporter une victoire entreprirent de lancer un violent assaut contre le camp
retranché. Mon ancêtre exhorta les soldats à prendre les armes et à faire une
sortie pour repousser les ennemis et il dit qu’il allait les disperser comme
une truie disperse ses porcelets, ce qu’il fit. Et de fait, dans cette bataille
il bouscula les ennemis et les mit si bien en fuite que pour cela le préteur
Nerva reçut le titre d’Imperator et mon ancêtre y gagna de recevoir ce surnom
de La Truie. Ainsi donc, chez les Tremelii ni mon arrière-grand-père, ni ceux
qui l’ont précédé ne s’appelaient La Truie.
Pline
In luto volutatio generi grata. Inforta cauda.
Ces animaux aiment à se vautrer dans la boue; ils ont la queue
torse,
Id etiam notatum, facilius litare in dexterum quam
in laevum detorta. pinguescunt LX diebus, sed magis tridui inedia saginatione
orsa.
On les engraisse en soixante jours, surtout si on les prépare par
une diète de trois jours.
Animalium hoc maxime brutum animamque ei pro sale
datam non inlepide existimabatur.
C'est le plus stupide des animaux; et l'on a dit assez plaisamment
que l'âme leur a été donnée en guise de sel pour conserver la chair.
Neque alio ex animali numerosior materia
ganeae : quinquaginta prope sapores, cum ceteris singuli. hinc censoriarum
legum paginae interdictaque cenis abdomina, glandia, testiculi, vulvae,
sincipita verrina, ut tamen Publili mimorum poetae cena, postquam servitutem
exuerat, nulla memoretur sine abdomine, etiam vocabulo suminis ab eo inposito.
Aucun animal ne fournit plus d'aliments à la gourmandise. Sa viande
présente environ cinquante saveurs distinctes, tandis que celle des autres n'en
présente qu'une; de là tant de décrets des censeurs pour défendre dans les
repas les ventres, les glandes, les testicules, les vulves, les têtes; et qui
n'empêche pas que Publius, auteur des mimes, après être sorti de servitude, ne
dîne jamais, dit-on, sans un ventre de truie; c'est même lui qui a donné à
cette partie le nom de sumen. (VIII, 207-209 (extraits)
Plutarque
O TÛtow ¦fh deipnoèntow aétoè par tÄ j¡nÄ kaÜ memgom¡nou
tò pl°yow tÇn kreÇn kaÜ yaumzontow pñyen oìtv poikÛlhw gorw eépñrhsen,
eÞpeÝn tòn j¡non Éw ìeia pnt' ¤stÜ t» skeuasÛ& diaf¡ronta kaÜ toÝw ²dæsamasi.
Titus [Flamininus] leur fit le récit suivant : il se
trouvait un jour à dîner chez un hôte à qui il reprocha le grand nombre de
plats de viande du repas et à qui il demanda, surpris, où il avait pu se
procurer une telle variété de viandes. Son hôte lui répondit que tout était
préparé à base de viande de porc et que seuls différaient la préparation et
l’assaisonnement. Vie de
Titus Flamininus, 17.
Varron
Suillum pecus donatum ab natura dicunt ad epulandum;
itaque iis animam datam esse proinde ac salem, quae servaret carnem.
On dit que la nature a donné la
race porcine pour les festins ; c’est pourquoi on dit aussi que la vie
leur a été donnée en guise de sel pour conserver la chair.
Quis enim
fundum colit nostrum, quin sues habeat, et qui non audierit patres nostros
dicere ignavum et sumptuosum esse, qui succidiam in carnario suspenderit potius
ab laniario quam e domestico fundo.
Lequel d’entre nous cultive une
terre sans y élever de porcs, lequel n’a pas entendu dire que nos anciens
considéraient comme paresseux et gaspilleur celui qui dans son garde-manger
suspendait un quartier de porc salé venant de chez un boucher plutôt que du
domaine familial ?
Emi solent sic : « illasce sues sanas esse habereque recte licere noxisque praestari neque de pecore morboso esse spondesne ? »